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mardi 13 janvier 2015

Trouver un travail dans une bibliothèque anglaise : mode d'emploi

Voilà, ça fait maintenant un an (et une semaine) que j'ai commencé à travailler dans une bibliothèque londonienne. Quand mon expatriation n'était encore qu'un projet, j'ai beaucoup tâtonné : comment s'y prendre ? Quels papiers ou diplômes sont nécessaires ? Quelles sont les démarches indispensables ?

J'en avais déjà parlé un peu là (en français) et pas mal aussi sur mon blog en anglais alors que j'étais encore en plein dans ma recherche d'emploi.

Cette fois-ci, je voudrais vous faire profiter de mon expérience et vous dire comment je m'y prendrais si c'était à refaire, si j'étais de nouveau une bibliothécaire parisienne cherchant à devenir une bibliothécaire londonienne sur un coup de tête.

Ceci n'est bien sûr valable qu'au niveau de ma petite expérience... Your mileage may vary.



Si c'était à refaire...



- Je commencerais par faire un stage. Si vous en avez la possibilité, ça me semble une étape tout à fait intéressante. D'une part, ça vous donne un peu d'expérience outre-manche. D'autre part, ça vous permet de commencer à vous constituer un réseau. Et de décider avec plus de cartes en main si c'est vraiment la voie que vous souhaitez poursuivre.
Une autre possibilité serait d'effectuer un échange inter-bibliothèques. Inscrivez-vous sur le site du LibEx (c'est gratuit pour les non-britanniques) et regardez les profils de postes d'autres professionnels pour organiser un échange !

- Je m'efforcerais de trouver un emploi avant de partir. On ne met pas la charrue avant les boeufs. Et être sur place n'est pas forcément un avantage flagrant si en contrepartie on est au chômage... Le marché de l'emploi dans les bibliothèques britanniques est sous pression, et il n'y a pas de garantie que vous trouviez un poste rapidement. Alors, faites comme moi, et menez votre recherche d'emploi à distance.

- Je ne répondrais qu'à des petites annonces bien choisies. Le site LISjobNet est une mine d'or. Et j'ai certainement été coupable de répondre à absolument tout, m'épuisant à remplir des dossiers de candidature pour des emplois pas du tout adaptés à mon profil. Au final, bien sûr, je n'ai obtenu d'entretiens que pour les postes qui me correspondaient vraiment.

- Je ne passerais pas le TOEIC. Personne ne me l'a demandé. Si vous savez rédiger une lettre de motivation en anglais et que vous vous débrouillez à l'oral lors de l'entretien, le recruteur (en tout cas, d'après ce que j'ai vu dans le secteur des bibliothèques universitaires) n'a pas besoin de plus de preuves que ça... À part se rassurer sur ses propres capacités, je ne voit pas l'intérêt.

- Je passerais mon Chartership depuis mon boulot français. C'est vraiment un passeport magique qui vous ouvre les portes des emplois les plus qualifiés (et donc intéressants), en plus de montrer que vous êtes vraiment investi à fond dans votre projet d'expatriation. Pour plus d'informations, allez donc jeter un oeil à ce billet.

- Je m'inscrirais au Cilip le plus vite possible. Vous savez ? Cette association de bibliothécaires dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. C'est lui qui organise le Chartership sus-mentionné. Et c'est là aussi une garantie de votre intérêt vis-à-vis de la vie professionnelle bibliothéconomique anglaise, même si vous n'êtes pas encore "chartered". Donc, je m'y inscrirais sans plus tarder (ils ont un tarif spécial pour les membres "overseas", qui n'habitent pas en territoire britannique) et j'en profiterais pour lire tous les anciens numéros de son journal, le Cilip Update (un peu l'équivalent du BBF ou d'Archimag).

- J'infiltrerais le grand cercle des twittothécaires grands-bretons. Comme en France, il y a plein de bibliothécaires britanniques sur Twitter. Comme point de départ, prenez la liste mise en place par Phil Bradley (plus de 1500 comptes y sont rassemblés !). Et entamez la discussion...

- Je ferais, au maximum de mes capacités financières, le déplacement pour les entretiens. Les entretiens par Skype, c'est bien pratique, mais ça vous donne un immense désavantage vis-à-vis des candidats qui ont pu faire le déplacement. Ce n'est vraiment pas la même chose de parler avec quelqu'un par écran interposé et de la rencontrer en chair et en os. Alors, si vous le pouvez, constituez vous un budget "billet d'avion de dernière minute" et allez rencontrer ceux qui deviendront peut-être vos futurs collègues.

- ... Je repartirais sans hésitations. La preuve ? Je reste.
Mon contrat d'un an a été transformé en contrat permanent. J'ai renouvelé ma mise en disponibilité. Et j'ai bien l'intention de rester en Grande-Bretagne encore un moment...

Qui vient me rejoindre ?


mercredi 17 décembre 2014

Un accent, des accents



Qui parmi vous pense pouvoir se débrouiller en anglais au motif qu'elle peut regarder des séries américaines sans les sous-titres ? J'avoue que j'ai longtemps fait partie de cette catégorie. Mais, si c'est un bon début, c'est loin d'être suffisant ! Surtout si ce ne sont pas les États-Unis que vous visez, mais le Royaume-Uni...

Car voilà ce qu'on ne nous a jamais dit en cours d'anglais : il n'y a pas un mais des dizaines d'accents possibles... C'est d'ailleurs là un de mes plus grands plaisirs depuis que j'habite Londres : j'écoute les gens parler dans la rue, dans le métro, à la télévision, et je me délecte de tous ces délicieuses musiques. Dans une même conversation, il y a rarement deux personnes avec le même accent.
Car non seulement le Royaume-Uni est extrêmement riche en accents divers et variés, mais à Londres c'est encore accentué par un melting-pot international ultra-réussi.

  • Conséquence 1 : si vous venez à Londres, ne soyez pas embarrassés par votre accent français. 1/ Tout le monde à l'habitude d'entendre des gens avec des accents différents. 2/ L'accent français est unanimement reconnu comme étant l'accent le plus sexy (oui, je sais, ça fait bizarre, quand on a appris à détester le magnifique "accent anglais" que produisent la plupart de nos compatriotes) et donc tout le monde vous pardonnera si vous transformez vos "the" en "ze".
  • Conséquence 2 : c'est beaucoup beaucoup plus difficile de suivre une conversation dans un groupe britannique si le seul accent avec lequel vous êtes un temps soit peu familiarisée est l'accent américain. Mais ne vous inquiétez pas pour ça, on va y remédier dès à présent.
[Disclaimer: Je n'ai rien d'une linguiste ; si vous trouvez des erreurs dans mon texte, signalez-les moi et je ferais les modifications!] 

Le RP


Parlons tout d'abord de l'accent dit "standard", le "RP" ou "Received Pronunciation". N'allez pas croire que, parce qu'il est standard, il est neutre - c'est loin d'être le cas.
On l'appelle aussi l'accent BBC parce que pendant longtemps les speakers et speakerines de la chaîne parlaient uniquement avec cet accent-là. Il est aussi appelé accent d'Oxford ou accent de la Reine... Dans les faits, il a une connotation très anglaise (rappelez-vous, l'Angleterre, n'est qu'une partie du Royaume-Uni !), snob et chic. C'est l'accent de la famille royale, de David Cameron et de tous ceux qui ont été éduqués dans l'une des prestigieuses "public schools".
Du coup, c'est celui-là que vous pourrez entendre dans tous les films en costumes (à vous - presque - toutes les versions d'Orgueil et Préjugés !).
C'est aussi l'accent de Colin Firth dans Le Discours d'un Roi. Et c'est celui qu'ont les aristocrates dans Downtown Abbey (les domestiques ont quant à eux l'accent du Yorkshire).

Si on s'éloigne un peu de Buckingham, on tombe sur toute une foule d'accents régionaux qu'on ne détaillera pas tous parce qu'ils sont vraiment trop nombreux. Allez plutôt jeter un oeil sur la page Wikipedia sur le sujet (en anglais bien sûr).
Mais je voulais néanmoins vous donner quelques exemples associés à des références de films ou de séries, histoire que vous puissiez répliquer la prochaine fois que vous vous faîtes un marathon série "Tu comprends, j'essaie de me familiariser avec l'accent du Gloucestershire, et y a du boulot !".

Exemples choisis


Au sein même de Londres, on trouve des variations d'accents, le plus célèbre d'entre eux étant l'accent Cockney (qui tient presque plus de la langue régionale !). Pour tester celui-là, il vous faut jeter un oeil à la série East Enders. N'essayez pas de vous la faire en entier (ils en sont à près de 5000 épisodes !), quelques minutes suffiront...
Pour quelque chose de meilleure qualité, allez plutôt voir Ripper Street dont on ne me dit que du bien (c'est la prochaine série sur ma liste !).

Si vous voulez vous projeter vers le Nord de l'Angleterre, écoutez donc le neuvième Docteur (Christopher Eccleston, mon préféré) dans la première saison du reboot de 2005 de Doctor Who.
Toujours dans le Nord, j'ai lu de bonnes critiques de la série The Mill où l'on peut apparemment entendre des accents de Manchester et de Liverpool (le "Scouse accent").
Pour faire le contraste entre accents du Nord (laborieux) et du Sud ("posh"), essayez la mini-série de la BBC North and South, adaptée du livre d'Élisabeth Gaskell.

Pour l'Ouest de l'Angleterre, allez donc regarder Hot Fuzz (extrait ici... bien à propos), où vous pourrez entendre des dialectes du Somerset.

Pour l'accent écossais, vous vous référerez bien sûr au douzième Docteur (Peter Capaldi, saison 8) et vous en profiterez pour regarder l'épisode spécial de Noël le 25 décembre. Ou l'excellente série policière Broadchurch (la version britannique, pas le remake américain) où David Tennant a pu garder son accent écossais.
Si vous êtes plutôt film, je conseille La Part Des Anges de Ken Loach (attention, vous allez avoir besoin des sous-titres !).

Apparemment, on peut entendre pas mal d'accents du Pays de Galles dans Torchwood. Et c'est l'accent que prend Tom Hardy dans Locke (mais, ne l'ayant pas vu, je ne sais pas ce que ça vaut).

Si vous voulez pousser jusqu'à l'Irlande et en profiter pour en apprendre plus sur l'histoire du pays, jetez donc un oeil à The Wind That Shakes the Barley (Le vent se lève) de Ken Loach (encore) ou à Michael Collins.

Enfin, je ne peux m'empêcher de vous recommander de regarder Top of the Lake, une mini-série de Jane Campion, où vous pourrez entendre de beaux accents Néo-Zélandais et Australiens. Mais je m'égare.

Et sur les ondes...


Une fois que vous serez bien échauffés avec toutes ces séries et films, le test ultime (avant le passage à l'acte et le billet d'Eurostar), c'est la radio. Plus de support visuel pour vous raccrocher aux branches, plus de sous-titres pour vous mâcher le travail, c'est le grand bain !

Mais c'est aussi le début de votre découverte de BBC radio 4, de ses émissions humoristiques et de ses fictions radiophoniques, qui ont toujours le vent en poupe de ce côté-ci de la manche. Si vous voulez commencer "facile", prenez-en une adaptée d'un roman que vous aurez lu au préalable. Par exemple, il existe une très bonne version de Neverwhere de Neil Gaiman avec un casting de folie.

Sinon, ma préférée c'est Cabin Pressure de John Finnemore, série humoristique racontant les mésaventures de l'équipe d'un petit charter de ligne. Les acteurs articulent extrêmement bien et vous trouverez les scripts en ligne si vous avez encore besoin d'un petit coup de pouce... D'ailleurs, je vous laisse, je m'en vais tous les ré-écouter pour être à jour avant le double épisode final qui sera diffusé à Noël...


Si vous avez d'autres suggestions de films et de séries avec des accents intéressants, partagez-les en commentaires ! Please! I need more stuff to watch! :)



[Edit : En bonus, si vous êtes fan de Games of Thrones (si vous ne l'êtes pas encore, essayez !), voici un super article qui décortique tous les accents qu'on entend dans la série.]




Licence Creative CommonsLa photo ci-dessus est de thelearningcurvedotca. Elle est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 2.0 Générique.

mercredi 2 avril 2014

Le Chartership ou la certification professionnelle à l’anglaise


Je vous ai déjà parlé du Cilip (qui a gardé son nom, d’ailleurs, au final). Cette association de bibliothécaires britanniques a notamment pour responsabilité de délivrer aux bibliothécaires et professionnels de l’information diverses certifications permettant d’obtenir une certaine reconnaissance professionnelle.

Il y a trois niveaux disponibles (et que l’on peut passer les uns après les autres, ou pas, en fonction de son parcours) : la « certification », pour les assistants bibliothécaires (ou les magasiniers) ; le « chartership », pour les bibliothécaires ; et le « fellowship » pour les personnes qui en France seraient probablement des conservateurs.

Le Chartership

Je suis en plein dans mon propre parcours en vue du Chartership, je vais donc vous raconter comment ça se passe. Le principe est globalement le même pour les deux autres niveaux.

Le Chartership est donc à destination des bibliothécaires, non pas au sens du grade français, mais au sens plus large de « professionnel des bibliothèques ». La norme au Royaume-Uni est d’avoir un Master en bibliothéconomie / sciences de l'information, de se trouver un premier poste et de se mettre alors à préparer son Chartership. Cette certification est souvent requise sur les offres d’emploi et c’est souvent la clé ouvrant la porte des postes les plus qualifiés. Une fois qu’on l’a obtenu, on peut accoler à son nom les lettres « MCILIP » (un peu comme un médecin anglo-saxon ajoute MD à son nom…).

Alors, comment ça marche ?

Il s’agit de prouver sa capacité à appliquer son savoir et ses compétences sur son lieu de travail, de les développer pour améliorer ses compétences professionnelles en fonction des exigences de son poste et de développer une réflexion sur ses pratiques et son environnement professionnel.

Dans les faits (et selon les toutes nouvelles règles en vigueur), dès qu’on est inscrit et qu’on s’est trouvé un mentor, on commence par remplir son PKSB. Le Professional Knowledge and Skills Base est une sorte d’immense tableau listant toutes les compétences et tous les savoirs que pourrait posséder un bibliothécaire. L’idée est de se noter soi-même sur l’ensemble de ces points (il faut être membre du Cilip ou débourser £25 pour obtenir le document si vous voulez tenter l'expérience). Bien sûr, personne ne peut avoir un score maximal dans toutes les catégories, c’est impossible. Non, on va plutôt chercher à analyser quelles sont les catégories les plus importantes pour le type de poste sur lequel on est en ce moment et s’en servir de guide pour la suite.

La deuxième grande étape, va donc d’être d’essayer de s’améliorer sur ces points. Ça peut durer autant de temps qu’on le souhaite et même être fait rétrospectivement. Tous les moyens sont bons : assister à des conférences, visiter d’autres bibliothèques, lire de la littérature professionnelle en ligne ou hors ligne, participer à des ateliers, à des chats pro sur Twitter… Tout ce que nous faisons naturellement dans le cadre de la formation continue. Mais en plus de le faire, il faut en accumuler la preuve : collectionner les certificats de présence, rédiger des comptes-rendus et des fiches de lecture. Et démontrer comment tout ça se ressent effectivement sur votre travail (dans mon cas par exemple, je vais collecter des exemples de plans de séances de formation que j'ai conçus en appliquant des principes lus dans un bouquin spécialisé, ou essayer d'obtenir du feedback auprès de mes étudiants).
Pour ne pas s'y perdre, on peut traiter ça comme une expérience in vivo et tenir un carnet de labo notant nos avancées au jour le jour...

Car la troisième étape sera celle de la construction d’un portfolio. Celui-ci doit comprendre un CV, une fiche de poste, son PKSB initial et un PKSB final (votre score doit donc avoir augmenté dans les domaines qui avaient été désignés comme cruciaux pour votre poste), un texte réflexif de 1000 mots et une collection organisée des « preuves » de votre développement professionnel. Un jury examine tout ça et vous octroie le Chartership ou vous renvoie à vos brouillons…

Et moi, et moi, et moi...

Je suis en plein dans la phase deux… Et je dois avouer que ça me plaît énormément. Ça me pousse à aller plus loin dans mes velléités d’auto-formation et dans mes lectures professionnelles, ça me donne une excuse pour demander des formations à tout-va auprès de mon employeur et de me porter volontaire pour assister à toutes les réunions possibles qui se rattachent de près ou de loin à mon poste. C’est très enrichissant. Et même si j’ai toujours fait cela à un certain degré, c’est un sacré coup de boost pour mes compétences professionnelles !

De plus, je trouve que le principe tombe vraiment sous le sens : pour être certifié comme un véritable bibliothécaire, il faut prouver qu’on en a les compétences et que l’on cherche à s’améliorer. C’est plus logique qu’une série de concours abscons, non ?



Image empruntée au Chartership Handbook, Cilip

mardi 14 janvier 2014

Les petits riens de la vie à Londres



Voici dix jours que je suis installée à Londres et tout se passe bien, vraiment bien. Je n'ai pas encore réussi à former de pensées vraiment cohérentes sur tous ces changements, j'ai trop le nez dedans, tout se bouscule et je manque de recul... Mais je me suis dit que j'allais commencer à collecter tous ces petits riens de la vie londonienne.
Si le cœur vous en dit. Et dans le désordre, bien sûr.

- Mes collègues me demandent si je veux une tasse de thé en moyenne 6 fois par jour. J'ai compté.

- Dès le premier jour, je me suis faite tremper jusqu'aux os par une de ces averses dont les britanniques ont le secret... Maintenant, je fais comme tout le monde et je ne quitte plus mon parapluie.

- Explorer son quartier à l'avant d'un double-decker...

- Les anglais ne mangent pas ensemble le midi. J'irais presque jusqu'à dire que les anglais ne mangent pas le midi. Les trois-quart de mes collègues se font réchauffer une soupe qu'elles mangent à leur bureau. Je fais de la résistance et je m'apporte des bentos avec de la vraie nourriture dedans.

- J'ai un mal fou à me faire à ces saletés de claviers QWERTY. Surtout que je retrouve mon AZERTY le soir venu. Du coup je fais des fautes de frappes constamment, c'est agaçant !

- Écouter la musique des différents accents qui peuplent Londres : les londoniens viennent d'un peu partout et personne ne s'attend à ce que tout le monde ait un accent anglais classique et parfait. Du coup, ça décomplexe drôlement.

- Je pensais que le plus fatiguant serait d'avoir parler constamment en anglais. J'avais tord : c'est la concentration requise pour écouter et comprendre les gens qui me parlent dans des environnements bruyants qui m'épuise le plus.

- J'adore le Tube, mais les tarifs des abonnements aux transports en communs n'ont vraiment rien à envier à ceux de la RATP, loin de là... Et moi qui trouvait mon Navigo un peu cher...

- Londres étant une ville horizontale très étalée, avec ses petites maisons et ses grands parcs, certains quartiers donnent un peu l'impression d'être presque à la campagne.

- Au petit matin, courir le long de la rivière qui passe près de chez moi et voir le Soleil se lever au-dessus des arbres.

- Après avoir été témoin des galères pour obtenir un appartement dans Paris, la facilité et le peu de documents administratifs pour accéder aux logements londoniens en est presque choquante. (On m'a dit "signe en bas" et c'était fini. On ne m'a pas demandé de preuve d'identité, ni de feuille de salaire, ni de garant... Rien. Certains demandent une lettre de recommandation du précédent propriétaire, mais globalement ça reste ultra-light...)

- Mais du coup, j'ai l'impression qu'un contrat de location ne vaut presque rien, notamment car il ne peut presque jamais servir de justificatif de logement ! Ce qui peut être assez embêtant quand on arrive, notamment pour pouvoir ouvrir un compte en banque...

- Sauf chez Lloyds ! Les banques Lloyds sont les amis des migrants : ils ne demandent qu'un passeport pour ouvrir un compte ! Ce qui me fait les aimer d'un amour un peu fou. Surtout qu'un relevé de compte en banque peut ensuite servir de justificatif de logement...

- Les écureuils qui pullulent partout dans les parcs !

- Voir passer une voiture avec un enfant à l'avant, se dire "t'es pas un peu jeune pour conduire, toi ?", se rappeler que le volant est de l'autre côté. Trois - quatre fois par semaine.

- Feuilleter "The Evening Standard" dans le métro le soir (journal gratuit, bien plus épais que le "Métro" parisien, un poil meilleur). Et récupérer le "Guardian" gratuitement quand je fais mes courses à Waitrose.

- Sourire tous les matins en me rappelant où je suis. :)


Licence Creative CommonsPhoto : prise par moi-même en janvier 2014.
Ce texte et cette photo sont mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 2.0 Générique.

lundi 25 novembre 2013

Londres est à nous, mon p'tit poussin !


Que celui qui n'a jamais utilisé une vieille citation de Friends au hasard de la conversation me jette la première pierre... :)

Ces derniers temps, c'était un peu le bazar dans ma tête. Parce que trop de choses arrivaient en même temps. Parce que j'avais du mal à y croire. Mais après mon dernier aller-retour où j'ai réglé tout un tas de questions pratiques, les choses semblent peu à peu prendre substance et réalité.
Bientôt, je pars.
Le 5 janvier, précisément, je monterais de nouveau dans l'Eurostar, mais pour un aller simple cette fois. Et le lendemain, je commencerais à travailler dans une bibliothèque londonienne.

Trouver un emploi en Grande-Bretagne


Quand j'ai commencé à chercher du travail en Grande-Bretagne, je n'étais pas du tout convaincue qu'il soit possible de me faire embaucher, à distance, dans un pays étranger et un contexte économique peu favorable. Mais voici, je pense, quelques facteurs qui ont joué en ma faveur :
- Chercher un emploi qualifié pour lequel on peut faire preuve de compétences particulières (par exemple, pour les postes de magasiniers ça doit être beaucoup plus dur que pour les postes de niveau Bibas ou Bibliothécaire) ;
- Cibler l'enseignement supérieur, globalement plus protégé que les bibliothèques publiques ;
- Prouver son engagement en s'impliquant dans le processus de certification à l'anglaise (le fameux "Chartership") ;
- Faire le déplacement pour passer l'entretien en chair et en os (un billet dernière minute, ce n'est pas donné, mais c'est le meilleur investissement que j'ai fait jusque-là).

Le lendemain de l'entretien, quand j'ai reçu l'offre d'embauche, heureusement que j'étais assise. Les deux seules choses qui me sont passées par la tête, c'est "oh bon sang, mais qu'est-ce que tu as fait ?" et "il est encore temps de refuser..."
Comme un zombie, j'ai fait ma demande de mise en disponibilité pour convenances personnelles et je suis partie en vacances très loin.
La disponibilité, c'est très facile à demander, mais c'est assez long : mieux vaut avoir prévu large en expliquant à votre futur employeur que vous avez un genre de préavis de plusieurs mois à donner. Il suffit de faire une lettre de ce type-là et de la faire passer par voie hiérarchique (la donner à son n+1 qui fera passer au-dessus...). Si la direction est d'accord, c'est parti !
Pour info, j'ai reçu mon arrêté 6 semaines après avoir fait ma demande. Mais ça peut varier en fonction des administrations et la durée maximum légale est de trois mois.

Trouver un logement à Londres


Ayant reçu l'arrêté, je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de me trouver un logement, histoire de ne pas commencer l'année sous un pont (londonien, certes, mais tout de même !).
Vous étiez choqués par les prix de l'immobilier parisien ? Vous allez apprécier inénarrable marché londonien ! Les prix sont pires... Du coup, si vous partez en solo, la seule option viable, c'est la coloc. Vous aurez une chambre et vous partagerez votre salle de bain avec des inconnus pour le prix d'un F2 parisien ou d'une grande maison à Limoges...
Mais la bonne nouvelle c'est que, comme Londres est une ville horizontale, vous avez toutes vos chances de vous retrouver dans une maison avec jardin. (Oui, bon, ok, pas de blagues sur les jardins et le temps anglais, laissez-moi ça quand même !)

Je suis donc partie en quête d'un logement, glanant les petites annonces sur ce site-là, et programmant des visites pour ma petite virée londonienne de trois jours, la semaine dernière. (Disclaimer : le site que je mentionne a une version payante mais la version gratuite est largement suffisante, promis.)
Et je l'ai trouvée. La perle. Ma chambre. Dans une maison avec jardin, colocs sympas inclus. Et c'est là que j'ai commencé à me projeter un peu dans cet avenir si proche et si terrifiant. Mais avec du thé et des shortbreads.

Londres, c'est déjà un peu chez moi.


Licence Creative CommonsPhoto : prise par moi-même en novembre 2013 dans Hyde Park, Londres.
Ce texte et cette photo sont mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 2.0 Générique.

vendredi 23 août 2013

Des twittothécaires Grands-Bretons

Voici un tout petit article pour vous suggérer deux ressources si vous voulez vous mettre à suivre sur  Twitter des bibliothécaires anglo-saxons.

Première possibilité, le président du CILIP, Phil Bradley, qui est très actif sur Twitter, a constitué une énorme liste de bibliothécaires britanniques. Vous pouvez la consulter ici et découvrir ainsi les flux de 1280 twittothécaires !



Deuxième possibilité via l'association Voices for the Library qui a lancé une projet de curation d'un compte Twitter. Chaque semaine, un nouveau bibliothécaire prend les commandes et partage son expérience et sa vision des bibliothèques. C'est toujours une expérience très riche et qui permet de découvrir des profils de bibliothécaires et de bibliothèques très différents.
A la base, il s'agissait surtout de bibliothécaires britanniques exerçant en lecture publique. Mais, de toute évidence, les règles sont faites pour être enfreintes puisque la semaine prochaine, je serais aux commandes !
Du coup, si le cœur vous en dit, je vous invite à venir jeter un œil à @VoicesLibrary.

mercredi 17 juillet 2013

Cilip, le Rebranding : la suite




Dans un premier épisode, je vous avais présenté le Cilip et expliqué le "rebranding-gate" secouant l'association. Voici la suite des évènements, tels que je les ai perçus à distance, au travers des déclarations du Cilip, des discussions sur Twitter et des articles des biblio-blogueurs britanniques.

*****

Le lundi 8 juillet, une assemblée générale du Cilip s'est tenue à Londres pour discuter la motion de Tom Roper demandant d'arrêter l'exercice de rebranding en cours :
“This General Meeting believes the current rebranding exercise should be halted, believing it to be a distraction from the urgent tasks of advocacy for the profession, and a waste of scarce resources.”
Une centaine de membres se sont retrouvés sur place pour un débat qui s'est avéré houleux, et apparemment plutôt en faveur des partisans de la motion.
Pour soupeser par vous-même les arguments des deux camps, voici le brouillon du discours que Tom Roper a fait lors de l'assemblée générale et voici un article de blog écrit par John Dolan sur le blog du président du Cilp, Phil Bradley, peu avant l'assemblée.
Nous avons pu suivre les débats en direct grâce à plusieurs live-twitters utilisant le hashtag #CilipGM (storifié ici, si vous voulez revivre l'action comme si vous y étiez !).


Néanmoins, de nombreux membres de l'association avaient pu voter "par proxy", en désignant quelqu'un, en général soit Tom Roper, soit Phil Bradley, pour voter en leur nom.
Les résultats ont ainsi été fortement dus à ces votes par procuration. Le décompte final dénombre 752 votes pour la motion, 804 votes contre et 16 abstentions.
Si le Cilip s'est immédiatement réjoui de ces résultats dans un communiqué de presse, Tom Roper, quant à lui, estime que les membres qui n'étaient pas sur place ont été mal informés des enjeux.

Le vote a été ressenti comme un choc et démontre une fois encore les dissensions que ce débat a créé au sein du Cilip : c'est presque un 50/50 parmi les votants, qui ne représentent néanmoins que 10% du total des membres. Ce qui a aussi beaucoup choqué c'est qu'au cours de l'assemblée, nous avons appris que les résultats du vote étaient "not binding" : jusque-là, les membres (qui se sont donc déplacés en nombre et se sont beaucoup impliqués dans le débat) ne savaient pas que leur avis ne serait que consultatif...

Au final, si le Cilip ressort vainqueur de ce vote, il a été véritablement affaibli par cette épreuve. Les débats ont porté les membres (en tous cas quelques membres très actifs sur les réseaux sociaux) à s'interroger quant à la structure même de l'association. Ian Clark, par exemple, estime que la procédure s'est avérée non démocratique, menée par le comité plutôt que par ses membres et a manqué de transparence. Mais il pense surtout que, ce sur quoi le Cilip et ses membres devraient se concentrer, s'est sur la réputation de l'association et non sur la marque "Cilip". Il faut que l'association, quelque soit son nom, agisse de façon efficace et éthique pour les professionnels qu'elle représente.

L'affaire du rebranding a aussi permis au Cilip de faire l'objet de petits articles dans la presse nationale britannique... mais sous un jour peu glorieux.

Quoiqu'il en soit, le rebranding continue : un nouveau nom sera proposé aux membres lors de l'assemblée du 21 septembre prochain avec pour objectif un lancement de la nouvelle marque en avril 2014.

Mais une prochaine affaire se profile déjà à l'horizon : des membres du Cilip demandent l'organisation d'un vote de défiance vis-à-vis du ministre en charge des bibliothèques, Ed Vaizey... À suivre !

mardi 25 juin 2013

Une question de vocabulaire



Comment traduiriez-vous magasinier ? Politique documentaire ? Notice d'autorité ?
Quand j'ai essayé de traduire mon CV en anglais pour la première fois, je me suis retrouvée comme deux ronds de flanc. Je ne pense pas être trop mauvaise lorsqu'il s'agit d'écrire en anglais, mais l'expérience m'a fait prendre conscience de l'énorme pan de vocabulaire professionnel qui me manquait. J'ai donc cherché sur Internet des ressources qui me permettraient de pallier ce manque et voici celles que j'ai trouvées.


* La ressource de loin la plus intéresse est ce Glossaire multilingue pour bibliothécaires de section Art trouvé dans les archives du site de l'IFLA. Bien qu'il contienne beaucoup de vocabulaire directement lié à l'art, il propose aussi de bonnes définitions et traductions de nombreux mots bibliothéconomiques plus généraux en français mais aussi en allemand, espagnol, italien, hollandais et suédois ! C'est vraiment une ressource très précieuse et indispensable.

* Ce glossaire en français avec traduction de termes en anglais proposé par l'université de Genève se penche plus précisément sur les termes liés à la recherche documentaire. Il est moins complet que le glossaire de l'IFLA mais il est plus lisible et les définitions proposées en français sont tout à fait claires.

* Ce lexique bibliothéconomique de la BPI propose la traduction de 1500 mots du français vers l'anglais, l'espagnol, le catalan et le tchèque. Le fichier est assez lourd, ce qui ralentit sa consultation, et j'émettrais quelques doutes quand à la traduction de certains mots. Mais il est facile d'y faire des recherches et cela reste une ressource utile.

* Enfin, quand je bute sur certaines expressions d'ordre plus général, j'aime à utiliser Linguee. Son moteur de recherche compare des millions de textes bilingues comme des documents officiels de l'Union Européenne ou des brevets. J'apprécie vraiment qu'il nous permette de voir les mots traduits dans leur contexte dans les deux langues. Mais il peut être mis en défaut si l'on cherche des mots professionnels trop précis.


Enfin, ce qui m'a vraiment aidée à mettre tout ce nouveau vocabulaire en pratique a été de lire et d'interagir avec des professionnels britanniques. Je lis leur équivalent du BBF (Cilip Update) les yeux grands ouverts, ce qui m'a permis de graver définitivement certaines expressions dans mon esprit (la fracture numérique ? C'est leur "digital divide"). J'ai aussi un énorme dossier de fils RSS pointant vers des biblioblogueurs britanniques que j'ai trouvés deci-delà (et qui pourront très certainement faire l'objet d'un prochain billet). Je les suis systématiquement sur Twitter et c'est un réel plaisir que de communiquer avec eux et d'observer à distance leurs échanges quotidiens.

Grâce à toutes ces ressources, j'ai vraiment l'impression d'avoir amélioré mon anglais professionnel. Mais il y a encore de nombreux mots sur lesquels j'ai des doutes. Peut-être auriez-vous des idées ? Je pense en particulier à la "veille", à "l'équipement" des documents ou à leur "exemplarisation" dont les traduction m'échappent.

Si vous avez des propositions de traductions, ou si vous souhaitez partager vos ressources favorites de vocabulaire bibliothéconomique, n'hésitez pas à les laisser en commentaire !


Licence Creative CommonsPhoto : prise par moi-même en avril 2013 à Paris.
Ce texte et cette photo sont mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 2.0 Générique.

jeudi 6 juin 2013

Connaissez-vous le CILIP ?

EDIT: English-speaking readers stumbling on this blog? Here are my views on CILIP and its re-branding in English.

Le CILIP, un équivalent anglais de l'ABF ?

L'une des choses qui m'a le plus frappée quand j'ai commencé à explorer le monde des bibliothèques britanniques, c'est le pouvoir très important de cette association tentaculaire qu'est le CILIP. En gros, il s'agit de l'ABF local. Enfin presque.

"CILIP" signifie "Chartered Institute of Library and Information Professionals" (institut certifié des bibliothèques et professionnels de l'information). Il a pour sous-titre "the leading professional body for librarians, information specialists and knowledge managers" (le corps professionnel principal des bibliothécaires, spécialistes de l'information et knowledge managers).

Le mot "Chartered" mérite qu'on s'y arrête un instant. Cette "certification" est une particularité des pays du Commonwealth. Il s'agit d'un statut officiel attribué par le monarque via un document formel, le "royal charter". Le statut de "chartered" donne à l'institution prestige et crédibilité. Ces institutions peuvent ensuite attribuer un statut de "chartered professional" à certains de leurs membres en reconnaissance de leur niveau de connaissance dans un domaine professionnel particulier.

C'est le cas du CILIP, qui décerne différents niveaux de certificat : "Certification" pour les assistants bibliothécaires, "Chartership" pour les bibliothécaires, "Fellowship" pour les membres "Chartered" de haut niveau et "Revalidation" pour les membres démontrant la continuité de leur développement professionnel. Ces certificats semblent vraiment une étape importante dans la vie professionnelle des bibliothécaires anglais, comme en témoigne notamment les nombreuses petites annonces précisant que le poste publié est réservé aux "Chartered librarians".

Le CILIP s'occupe aussi de gérer une base de petites annonces  incontournable pour qui cherche à travailler dans le secteur, propose un programme d'échange international, publie un journal professionnel, gère sa propre maison d'édition, et anime un groupe parlementaire. Cette liste est loin d'être exhaustive : les activités du CILIP sont très diverses et ses membres extrêmement actifs et passionnés. Ce que j'ai pu découvrir en tombant tête la première sur le grand débat en cours dans l'association...

Le rebranding-gate

Récemment, le CILIP s'est largement remis en question et a dû se réorganiser entièrement afin de rééquilibrer son budget. Ça a été pour l'association l'occasion d'un examen de conscience et d'interroger ses membres sur les orientations qu'ils souhaitaient voir prendre au CILIP. Dans un contexte de coupes budgétaires et de fermetures de bibliothèque, l'un des mots qui est revenu était "advocacy". Le CILIP se doit de se faire la voix et de défendre les intérêts des professionnels de l'information et des bibliothèques.

Or, l'un des problèmes qui s'est fait jour concerne l'identité du CILIP. Vous ne connaissiez pas cet acronyme ? Et bien la plupart des citoyens britanniques non plus. En 120 années d'existence, le nom de cette association a changé à plusieurs reprises et il semble que ce dernier choix n'ait pas été des plus heureux. Le déroulé du nom est incroyablement long ("Chartered Institute of Library and Information Professionals"), et semble être devenu un véritable obstacle dans des temps où une communication claire se fait de plus en plus pressante.

Les instances dirigeantes ont donc décidé de lancer un grand chantier de "rebranding" pour modifier le nom, le logo et les visuels de l'association. Par un mail daté du 24 mai, le CILIP invitait ses membres à participer à un sondage afin d'exprimer leur avis. Et ce fut un tollé.

Le principal objet du délit : les cinq nouveaux noms proposés au vote.


Un déluge de réactions s'en est suivi, en particulier sur les réseaux sociaux. Un très grand nombre de membres étaient choqués de ne retrouver les mots "library" ou "librarian" nulle part dans les propositions. Enfin pas tous. Certains se sont trouvés heurtés qu'aucune proposition ne contienne le statut "Chartered" dont nous parlions plus haut. D'autres auraient simplement voulu proposer leur propre acronyme. Une membre a soulevé que, globalement, les questions étaient assez orientées, demandant surtout d'acter ce que le CILIP voudrait être sans vraiment s'interroger sur ce qu'il est en réalité.


Le président du CILIP s'est lui-même exprimé face au tumulte, rappelant qu'il ne s'agit que d'un sondage et non d'un vote, expliquant qu'il n'avait pas été consulté quant à son contenu et soulignant que la décision finale serait prise par les membres au travers d'un vote en septembre prochain. Il réitère aussi dans cet article l'importance pour le CILIP de pouvoir se faire entendre clairement et d'être facilement identifiable dans les débats publics.

Ce n'est pas l'avis de Tom Roper. Surfant sur le mécontentement global soulevé par le sondage, celui-ci s'est lancé dans une croisade agressive contre cet exercice de rebranding qu'il juge être une perte de temps et de ressources, requérant par pétition une assemblée générale exceptionnelle afin de mettre la question aux voix. Il a rapidement pu rassembler les 100 signatures nécessaires et l'assemblée en question se tiendra le vendredi 28 juin prochain.

Entre temps, le CILIP a proposé à ses membres, par un e-mail daté du 5 juin, un nouveau sondage, leur demandant cette fois de suggérer des idées de nom.

A suivre donc.


Licence Creative Commons 
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vendredi 17 mai 2013

Je suis venue vous dire...


Certains l'auront déjà vu sur Twitter : je viens d'ouvrir un deuxième blog, un blog-frère de celui-ci, un blog en anglais. Pourquoi ? Parce que j'ai envie, j'ai besoin de raconter une histoire. Une histoire qui m'exalte et qui me terrifie, une histoire que je veux partager quelqu'en soit l'issue : j'ai décidé d'essayer de partir travailler en Grande-Bretagne. Je ne sais pas encore vraiment comment, ni même si j'y parviendrais vraiment, mais en tout cas, j'ai décidé d'essayer.

Du point de vue du blog, que va-t-il se passer ? Et bien, si ça vous tente, je vous raconterais un peu mes découvertes et mes déconvenues. En particulier, toutes ces différences que je relève peu à peu entre nos pratiques des deux côtés de la Manche.
Le blog en anglais, And Books Will Fly, ne sera pas une copie conforme de celui-ci. Il va néanmoins reprendre le contenu de certains de mes précédents articles, mais essaiera aussi de raconter à de potentiels lecteurs britanniques comment ça marche ici, le monde des bibliothèques. D'ailleurs, si vous avez des suggestions, je suis preneuse !
Bref, je le veux comme un exercice de réflexion autant qu'un exercice de style (et là, je dois avouer que ça me démangeait depuis longtemps d'avoir l'occasion de travailler ma rédaction anglaise).

Du coup, je voulais juste vous prévenir de ne pas vous étonner si, dans les semaines à venir, je me mets à vous parler du CILIP, de chartered librarians ou d'equal opportunities. Ce n'est que mon cerveau qui pédale pour se dépêtrer dans toutes ces étranges anglaiseries...

Licence Creative CommonsPhoto : prise par moi-même en juin 2012 à Londres.
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