jeudi 27 novembre 2014

Activité : L'équation de recherche façon puzzle




Je continue sur ma liste d'activités de pédagogie active, testées et approuvées ! Après Les Chimères, voici un autre jeu "clés en main", à utiliser pendant vos formations...

J'ai créé ce jeu en modifiant un autre jeu proposé par Andrew Walsh et Padma Inala. "The washing line strategy" permettait aux apprenants d'exprimer physiquement l'idée de recherche booléenne en épinglant des mots clés et des Booléens sur une ficelle (comme on accrocherait des vêtements à un fil à linge).
J'ai décidé d'aller plus loin en incluant d'autres items que l'on peut trouver dans une équation de recherche (des cartes vierges pour les mots-clés, des Booléens, certains codes de champs de PsycINFO - la base de donnée sur laquelle je fais la démonstration de recherche - et des parenthèses). J'ai laissé tombé la ficelle, qui me semblait superflue, et je me suis retrouvée avec des espèces de pièces de puzzle à remettre dans l'ordre - d'où le nom.

L'équation de recherche façon puzzle


Les règles du jeu

Les participants sont répartis deux par deux et je leur donne un petit sac contenant des pièces de puzzle plus une carte expliquant le jeu et leur donnant des requêtes imaginaires de demande d'information (vous les trouverez toutes les six - traduites exprès pour vous ! - dans le document téléchargeable au bas de cette page).
Ils doivent créer des équations de recherche à propos de cette requête, en utilisant les éléments de puzzle contenus dans le sac.
La formatrice passe d'une paire à l'autre pour vérifier s'ils ne sont pas trop perdus et les aider à corriger leurs erreurs.

Matériel requis

  • Des pièces de puzzle imprimées sur des cartons de couleur ;
  • Une carte d'explication par groupe, elle aussi imprimée sur du carton (et plastifiée si possible, histoire qu'elle dure plus longtemps) ;
  • Des sacs en plastiques (j'utilise des ziploc à fleurs...) pour que les petites pièces ne s'échappent pas !
Remarque : comme les étudiants peuvent écrire sur les pièce de puzzle "terme de recherche", il faut en ré-imprimer régulièrement.

Comment ça se passe

Dans le contexte de mes formations, le but final de ce jeu est de permettre aux étudiants de comprendre comment modifier eux-mêmes les équations de recherche dans une base de donnée bibliographique.
Du coup, il s'adresse à des étudiants ayant un niveau un peu avancé et pour lesquels il serait intéressant de comprendre comment créer des requêtes complexes.

J'ai fait plusieurs tests avec différentes classes et j'en conclus que ce jeu est à utiliser uniquement avec des étudiants maîtrisant déjà bien les bases de la recherche documentaire. Dans l'idéal, je le fais avec des groupes que j'ai déjà vus une première fois et avec lequel on a couvert les bases (notamment, comment utiliser des champs de recherche et les Booléens).

La grosse difficulté pour eux, c'est de comprendre comment marchent les parenthèses (enfin, si vous avez des matheux, ça devrait être plus facile, mais mes petits psychanalystes n'aiment vraiment pas ça !).
Mais c'est vraiment idéal d'aborder ce concept compliqué sans ordinateur, avec quelque chose de visuel et de ludique.

Ce qui prend le plus de temps, c'est de passer d'un groupe à l'autre pour ré-expliquer et corriger les petites erreurs. Du coup, si vous avez un deuxième collègue qui peut être sur le pont juste à ce moment-là, c'est l'idéal. Et on peut envoyer les étudiants plus "doués" aider les autres. En fonction du nombre de questions et de la taille du groupe, la durée du jeu peut beaucoup varier. Mais avec une classe de 10-12 étudiants assez dégourdis, ça dure environ 20 minutes.

Au final, j'ai eu de très bons retours sur cette activité. Mes étudiants ont aimé le côté intéractif et ludique. De plus, ils ont apprécié les petites histoires amusantes que j'ai inventées pour les "requêtes documentaires" et ils étaient curieux de voir celles que les autres groupes avaient eues.
Les seuls retours négatifs que j'ai eu provenaient d'un groupe pas encore assez "mûr". Il leur aurait fallu plus de temps avec des  activités plus simples pour bien renforcer les concepts basiques de la recherche documentaire avant de passer à celle-ci.

Fiche à télécharger

Enfin, je vous propose de télécharger ce fichier pdf si vous voulez utiliser ce jeu dans vos classes. Il contient les fiches explicatives avec les requêtes et les pièces de puzzle à imprimer et découper. Si besoin, n'hésitez pas à les recréer pour les modifier et les faire correspondre aux bases de données que vous utilisez !

Si vous l'utilisez, ça me ferait plaisir si vous m'envoyiez un message pour me dire comment ça s'est passé. Et n'hésitez pas à utiliser les commentaires si vous voulez plus d'explications !

mardi 4 novembre 2014

Activité : Les comportements de recherche



Choses promises, choses dues, voici la fiche complète d'une activité que j'ai utilisée en classe avec des étudiants et qui a pas mal marché.
Pour la créer, je me suis basée sur une idée trouvée dans le livre Active Learning Techniques for Librarians par Andrew Walsh et Padma Inala, dont j'avais déjà parlé ici.
Dans le jeu original, les auteurs utilisaient une liste de typologies de comportements décrits comme s'il s'agissait d'animaux (la pie est distraite par ce qui est nouveau, l'araignée n'utilise que ce qu'elle trouve sur la toile, etc.) pour lancer une discussion de classe sur les forces et les faiblesses de chaque comportement. Dans l'idéal, la conversation devrait les mener à donner des conseils sur la modification de leurs comportements et comment améliorer leur recherche documentaire.
J'ai décidé d'utiliser certaines des descriptions d'animaux proposées dans le livre mais j'a choisi de changer le "gameplay" pour pousser les étudiants à être créatif...

Les Chimères


Les règles du jeu

  • Les participants sont divisés en groupes de deux ou trois personnes.
  • On distribue à tous les groupes des fiches présentants les différents animaux, leurs supposés "comportements de recherche d'information" et une image (j'ai trouvé la plupart des images sur Wikimedia).
  • Les participants doivent choisir trois animaux représentant, d'après eux, les meilleurs caractéristiques à avoir pour faire une recherche documentaire.
  • Ils découpent un tiers du dessin de chaque animal et le collent sur un patron qui leur a été distribué. Tout autour, ils écrivent le nom de chaque animal et pourquoi ils l'ont choisi. Enfin, ils inventent un nom pour leur nouvelle créature mythologique...
  • À la fin, on fait un bref tour de table pour voir les créations des autres et parler de leurs choix.

Matériel requis

  • Des fiches animaux, patrons et explications, imprimés par vos soin sur l'imprimante de la bibliothèque.
  • De la colle et une paire de ciseaux pour chaque groupe.

Et ça marche ?

J'utilise ce jeu pour briser la glace au début d'une session à propos de la recherche documentaire. Il faut néanmoins garder à l'esprit que ça prend du temps (entre les explications, l'exécution et le debriefing, ça fait bien 15 minutes) donc on ne peut pas le faire sur une séance trop courte !

Je commence par présenter chaque animal / comportement au tableau avant d'expliquer le jeu. Il faut parfois répéter plusieurs fois que le but est de chercher les meilleurs caractéristiques possibles pour créer une chimère qui sera la meilleure possible d'un point de vue de la recherche documentaire.
Le fait est que même les étudiants de doctorat a-do-rent l'idée de faire du découpage comme des gamins. Je crois que, parmi tous ceux que j'ai essayés, c'est l'un des jeux qui a le plus de succès juste pour ça ! 
Mais en plus, il permet aux étudiants de réfléchir sur leurs propres comportements de recherche et comment ils pourraient les améliorer. Et ça reste. Pas plus tard qu'hier, j'ai reçu un message d'une étudiante avec qui j'avais fait le jeu en juillet et qui me demandait un rendez-vous pour l'aider à améliorer son comportement de recherche documentaire... Ça ne m'était jamais arrivé avant d'utiliser ce jeu !

Enfin, ce qui me gênait avec le jeu original, c'est que la discussion commence un peu abruptement. De ce que j'ai pu voir, c'est infiniment plus facile de faire parler les étudiants s'ils ont d'abord échangé entre eux en petits groupes, et c'est ce que permet ma version. Mais de ce fait, ensuite, le debriefing peut durer pas mal de temps s'ils ont beaucoup de choses à dire ! Du coup, c'est pas mal de se laisser un peu de marge et de ne pas être trop ambitieux sur le nombre de choses à voir au cours du reste de la séance...

Fiche à télécharger

Enfin, je vous propose de télécharger ce fichier pdf si vous voulez utiliser ce jeu dans vos classes. Il contient les fiches animaux, les explications et le patron à distribuer aux élèves.
J'ai repris les descriptions proposées par Walsh et Inala en les modifiant un peu. Et j'ai tout traduit en français juste pour vous !
Si vous l'utilisez, ça me ferait plaisir si vous m'envoyiez un message pour me dire comment ça s'est passé et me montrer les productions de vos étudiants !

D'ailleurs, voici un exemple de ce que ça peut donner...


lundi 27 octobre 2014

3 ans déjà !



Ça fait très exactement aujourd'hui trois ans que j'ai ouvert ce blog. C'était un soir d'octobre, je venais de commencer un nouveau travail à Paris, loin de mes racines grenobloises et encore remuée par le stress post-traumatique des concours.
Au cours de ces trois années, je me suis débattue pour assumer ma nouvelle identité de bibliothécaire, j'ai fini par m'habituer à la vie parisienne, j'ai décidé d'émigrer en Grande-Bretagne et j'ai découvert le métier de formatrice (en bibliothèque bien sûr) et la vie sur Londres.
Ce blog m'a accompagné dans tous ces changements identitaires et professionnels (parce que, comme bien des gens, je m'identifie très fortement à mon métier), et j'y tiens plus que je ne saurais dire. Il y a eu de grands trous pendant lesquels je n'ai pas écrits, et il y en aura très certainement encore. Parce que parfois, c'est dur de trouver un bon sujet. Parce que l'inspiration. Parce que la vie. Mais une chose est sûre : j'espère continuer à écrire dans ce petit journal virtuel encore longtemps.

Alors, pour fêter cet anniversaire, je voulais vous proposer de revisiter quelques uns de mes billets les plus populaires. En voici la liste, en commençant par celui qui, de loin, a été le plus lu :

1/ Faut-il encore des bibliothécaires ?
Il s'agit de mon tout premier résumé de conférence. C'était au salon du livre en 2012 et la conversation entre Anne-Marie Bertrand, Dominique Parot et Marie-Christine Pascal était animée par Christophe Pavlidès. Ils avaient notamment parlé des bénévoles et des autres corps de métiers que l'on peut trouver dans nos bibliothèques.

Ce billet-ci, je l'ai publié juste après le précédent, pour raconter ma réaction lorsque je me suis retrouvée dans la salle de conférence absolument bondée... et composée à 95% de femmes. Sauf sur l'estrade bien sûr. Sur scène il y avait quatre personnes dont deux hommes. Comme c'est étrange...
À l'époque, je me débattais avec l'idée de faire "un métier de fille". Je dois avouer que ça ne m'est pas encore tout à fait passé. Et ça reste l'un de mes billets préférés.

Encore un résumé de conférence, mais issu du salon de Montreuil cette fois. Les intervenants (Pascale Lapierre, Jean-Pierre Siméon, Philippe Meirieu, Lucie Placin, Robert Rui et Alain Serres) étaient absolument brillants, engagés, réfléchis. J'en garde un souvenir tout émerveillé.
Allé, une petite citation : 
"Dans ce contexte de crise, la culture est-elle nécessaire ? C’est aux poètes qu’il faut poser sérieusement les questions politiques. [...] La poésie, c’est l’éthique dont la politique a perdu le sens."

Je ne fais plus de catalogage, mais je suis toujours aussi névrosée... Combien de bibliothécaires trient comme moi compulsivement chaque aspect de leur vie ? Faut-il être névrosé pour devenir catalogueur ou la névrose se développe-t-elle en cataloguant ? Et peut-on être sauvée par ce travail maniaque ?

Le dernier billet de cette liste est beaucoup plus récent que les autres. Je l'ai composé cet été pour refléter ce que j'avais appris sur l'active learning et que je commençais tout juste à mettre application dans mes formations. Ces derniers mois, j'ai continué sur cette voie et je reste persuadée qu'il s'agit en effet de la meilleure façon de s'y prendre. Pour preuve : je vais continuer à vous en rebattre les oreilles très bientôt, avec des exemples d'activités in vivo à utiliser dans vos propres formations... Stay tuned!


Enfin, je voulais lancer de tout mon coeur un grand merci à chaque personne qui prend le temps de me lire ici de temps en temps. Car c'est bien là toute l'idée d'un journal ouvert aux grands vents de l'Internet. Merci d'être passé par ici. Merci de m'avoir donné un peu de votre temps. Merci !





dimanche 12 octobre 2014

Veille - Outils de présentation et Information Literacy



Une fois n'est pas coutume, voici un mini-billet de veille contenant quelques liens que j'ai trouvé intéressants au cours de la semaine passée. (Tous les liens sont Britanniques : anglophobes s'abstenir !)


  • Tout au long de la semaine, Ned Potter (vous vous souvenez ? J'avais traduit un article de lui il n'y a pas longtemps) a présenté différents outils pour améliorer nos présentations.
    Au programme :
    • De belles polices de caractères avec FontSquirrel ;
    • Alternative à PowerPoint numéro 1 : Haïku Deck (je l'utilise très souvent pour télécharger de belles images pour mes PowerPoints, déjà adaptées à la taille de la diapo et avec un bandeau mentionnant la source en bas : parfait !) ;
    • Alternative à PowerPoint numéro 2 : Canva (personnellement, les limitations de la version gratuite m'agacent, j'ai arrêté de l'utiliser complètement) ;
    • Une utilisation détournée de Prezi pour faire des diapositives normales en PDF ;
    • Et enfin, mon préféré : des outils d'association et de recherche par couleur pour des diapositives plus harmonieuses.
  • Le LILAC (Librarian's Information Literacy Annual Conference) est une conférence qui a lieu tous les ans au Royaume-Uni autour du thème de l' "information literacy". La prochaine édition aura lieu en avril, à Newcastle, et l'appel à texte est déjà ouvert.
    Vous pouvez jeter un oeil aux présentations des précédentes éditions dans les archives du site.




Photo de Will Montague trouvée via HaikuDeck.
Cette photo est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 3.0 non transposé.

lundi 29 septembre 2014

10 conseils pour mettre à profit une séance unique

Cet article est une traduction de 10 Tips for Making the Most of a One-Shot Session d'Amanda Hovious.
Tous les liens dans le texte mènent à des ressources en anglais.

C'est la rentrée ! Vous avez probablement entamé l'année avec de nombreuses formations et présentations de la bibliothèque, et la plupart de ces formations tombent sûrement dans la catégorie des séances uniques. Nous connaissons tou.te.s les limitations de ces séances uniques - peu importe à quel point la formation a été préparée, on ne peut pas tout faire en une heure de cours. Donc aujourd'hui, je partage dix conseils pour vous aider à faire en sorte que vos étudiants en apprennent le plus possible en une seule séance. Les voici :

1) Préparez vos apprenants. Entrer sans introduction dans une classe pleine d'étudiants qui ne s'attendent pas à être formés à la recherche documentaire, qui ont oublié, ou qui n'ont aucune idée de l'intérêt que ça peut avoir, c'est s'exposer au désastre et presque garantir que presque rien ne sera appris au cours de la séance. Prévenez les étudiants à l'avance (ne vous contentez pas de vous reposer sur leur professeur) de ce que vous allez leur apprendre et en quoi c'est intéressant vis-à-vis de leur études. Il y a plusieurs manières de s'y prendre. Voici quelques idées : faites une annonce sur la page du cours, créez un message vidéo qu'un de leurs profs pourra leur passer avant votre séance, ou venez en classe la semaine précédente pour vous présenter brièvement. Votre imagination est la seule limite sur ce point.

2) Oubliez les suppositions, passez à l'évaluation. Nous faisons tous des suppositions concernant ce que les étudiants savent ou ne savent pas. Les enseignants le font. Les bibliothécaires le font. Il est temps d'arrêter ! Les suppositions sont probablement la plus grosse barrière à l'apprentissage que l'on puisse créer quand on parle de séances uniques parce que l'on peut se retrouver avec deux types de résultats : 1) les étudiants n'apprennent rien car il leur manquait des pré-requis qu'ils étaient supposés avoir OU 2) les étudiants n'apprennent rien car ils connaissaient déjà les concepts et les compétences enseignées.
Pour éviter ça, la solution la plus simple est d'évaluer les étudiants, de préférence avant la séance. Nul besoin d'être formel : un simple questionnaire devrait suffire. Et plutôt qu'évaluer des compétences abstraites, évaluez l'expérience. Combien de dissertations ont-ils écrit ? À quel point les bases de données leur sont-elles familières ? Comprennent-ils les attentes de la recherche académique ? Si vous avez une classe pleine d'étudiants qui ont peu ou pas d'expérience dans l'écriture de dissertations académiques, se lancer dans l'utilisation des bases de données ou l'évaluation des sources ne sera pas une expérience d'apprentissage vraiment utile. Il leur faut démarrer par une orientation sur le processus de recherche, comment choisir un sujet, le restreindre et identifier leurs besoins informationnels.

3) Soyez flexible. Ce point se joint au point numéro 2. Vous vous êtes donc préparé à enseigner à des étudiants comment trouver des articles dans des bases de données, mais après évaluation vous avez découvert qu'ils n'ont même pas encore choisi leurs sujets. Il est temps de faire preuve de flexibilité car, quand vous allez entrer dans la salle de classe, vous allez devoir faire machine arrière et travailler avec eux sur l'exploration des sujets et identifier leurs besoins informationnels (mais vous pouvez tout de même y intégrer un mot sur les bases de données). Je pense que la façon la plus facile de faire ça est de penser de façon modulaire, chaque module représentant une compétence ou un concept discret. Si vous gardez en tête la modularité quand vous développez vos documents pédagogiques, vous pourrez sortir n'importe quel tour de votre chapeau à la demande. Vous serez toujours préparés pour enseigner aux étudiants ce dont ils ont besoin.

4) Less is more. Si vous lancez 1000 concepts aux étudiants, combien vont-ils en mémoriser ? Probablement aucun. Trop de contenu mène à une surchage cognitive. Concentrez-vous sur un nombre limité de concepts ou de compétences et vos étudiants en retiendront bien plus. Jetez un oeil à mon post sur la "Règle de un" pour les séances uniques. Cette règle reflète une approche modulaire de l'instruction.

5) Ayez une approche multimodale. La présentation multimodale d'informations signifie que vous présentez la même information sur plus d'un mode (par exemple visuel, auditif, tactile). Cela peut vous rappeler les styles d'apprentissage mais ce n'est pas tout à fait ça. Le but d'une présentation multimodale n'est pas un enseignement à l'attention de divers styles d'apprentissage (les styles d'apprentissage sont plus un mythe qu'une réalité). Il s'agit plutôt de réduire la charge cognitive et d'améliorer la compréhension. Personne n'apprend au maximum de ses capacités lorsqu'on ne fournit qu'un seul mode de présentation (bien que l'on puisse avoir des préférences). Tout le monde bénéficie d'une présentation multimodale. Gardez cela à l'esprit lorsque vous développez vos matériels pédagogiques et activités. Par exemple, vous pouvez présenter le concept des sources primaires et secondaires avec des exemples de la vie réelle (tactile) et une vidéo Youtube (audiovisuel).

6) Essayez le modèle de l'atelier. Le modèle de l'atelier est une approche qui est beaucoup utilisée aux États-Unis pour enseigner les compétences de langue - et parfois les maths - au primaire et au secondaire. Je pense qu'il s'agit d'une approche idéale pour les séances uniques car cela permet de planifier l'apprentissage en s'appuyant sur une limite temporelle définie. Le modèle de l'atelier a quatre composantes primaires : l'ouverture, la mini-leçon, le temps de travail et le débriefing. L'ouverture (environ 5 minutes) permet de définir les attentes et d'identifier les objectifs de la session. La mini-leçon (10 à 15 minutes) est la composante directe d'enseignement et peut inclure une démonstration et/ou un petit cours. Le temps de travail (environ 30 minutes) est la composante où les étudiants pratiquent ce qui a été enseigné pendant la mini-leçon. Le niveau de supervision peut varier au cours de cette période, en fonction des besoins des étudiants. Le débriefing (10 à 15 minutes) permet aux étudiants de réfléchir sur leur travail. Qu'ont-ils appris ? Quelles questions ont-ils encore ?

7) Utilisez des exemples pratiques. Les exemples pratiques ("worked examples") sont des supports d'enseignement incroyables. Vous les avez probablement déjà rencontrés en maths, mais je pense qu'ils servent une fonction importante dans l'apprentissage de la recherche documentaire. Afin que les étudiants deviennent de bons chercheurs et de bons auteurs, ils doivent voir ce que "bon" veut dire. C'est là que viennent les exemples pratiques. Un exemple pratique d'une dissertation dans un contexte de formation à la recherche documentaire devrait inclure des annotations de la bibliographie et des citations dans le texte. Pourquoi cette source a-t-elle été choisie ? Comment a-t-elle été trouvée ? Pourquoi a-t-il fallu la citer à des endroits spécifiques ? Encore mieux, créez un exemple pratique intéractif où les items annotés sont des liens menant à des boîtes pop-ups contenant plus d'informations. Les pop-ups permettent de désencombrer l'espace visuel et de réduire la charge cognitive.

8) Faîtes des liens avec la vie réelle. Tous les étudiants ne sont pas de futurs enseignants-chercheurs en devenir. La plupart ne le sont pas. La plupart n'aiment pas le processus de recherche académique. Mais un jour ils utiliseront leurs compétences d'information literacy d'une manière ou d'une autre. Ils ont donc besoin de savoir comment transférer ces connaissances au-delà du domaine académique. C'est pourquoi faire des liens avec la vie réelle est vital pour la formation à la recherche documentaire. Mais comment faire des liens entre la recherche et la vie réelle lorsque l'on est dans une salle de classe, au sein d'un campus, au milieu de nulle part ? En utilisant l'apprentissage par problèmes lié à leur carrière ou à leur vie future (ils ont besoin de savoir transférer les compétences au-delà de l'école, donc faites en sorte que les cas reflètent des évènements futurs). Si les étudiants travaillent déjà sur une dissertation, mieux vaut se concentrer là-dessus. Néanmoins, savoir faire des liens entre l'apprentissage à l'école et l'apprentissage tout au long de la vie est une compétence essentielle au XXIème siècle. Les bibliothèques devraient donc considérer l'intégration de ce type d'apprentissage par problèmes dans les formations qu'elles donnent aux étudiants de première année par exemple.

9) Incitez à l'utilisation de la bibliothèque. Rien n'est plus exaspérant que les étudiants qui sont fiers d'admettre qu'ils n'ont jamais mis un pied à la bibliothèque. Ils devraient être embarrassés. La réussite à l'école nécessite d'utiliser la bibliothèque. Et les lecteurs réguliers réussissent probablement bien mieux après l'université (je ne sais pas si c'est vrai, mais ça me paraît bien). Comment faire en sorte que les étudiants que l'on voit lors de séances uniques se mettent à fréquenter la bibliothèques ? Tous les moyens sont bons. Des points en plus, si l'enseignant est d'accord. De la nourriture. Des prix. Voire un programme de badges numériques s'il est bien développé. Le plus important étant que les étudiants viennent à la bibliothèque après leur session et créent des liens avec les bibliothécaires.

10) Le suivi. Combien de formations avez-vous donné après laquelle vous avez perdu la trace des étudiants ? Où vous n'avez pas recontacté l'enseignant afin de découvrir comment les étudiants s'en étaient sorti dans leurs examens ? Le suivi est aussi important que la préparation de l'apprenant (point numéro 1). Les questionnaires avec des questions en lien avec la formation peuvent être utiles, mais le suivi en personne avec l'enseignant vous donnera probablement des informations ayant plus de valeur et vous aidera à améliorer vos prochaines formations.

lundi 22 septembre 2014

Former à la recherche documentaire sans ordinateur... Ou presque !



J'ai la chance de travailler dans une institution qui possède un public relativement divers. Dans les faits, nombreux de mes étudiants suivent leurs études à temps partiel et sont insérés dans la vie active depuis de nombreuses années.
Avec eux, le problème que je rencontre le plus, c'est une "computer literacy", une maîtrise de l'outil informatique, relativement faible, qui les empêche d'utiliser au mieux les ressources documentaires à leur disposition. Et comme je n'ai pas la possibilité de les aider à se mettre à niveau directement, il faut parfois savoir être créatif...
Voici les méthodes et les "trucs" que j'utilise pour prendre en compte leurs besoins lors de mes formations, en sept points.

Savoir à qui on s'adresse. J'envoie systématiquement un questionnaire la semaine avant la formation afin d'évaluer le niveau des étudiants. Je ne leur demande pas ce qu'ils savent faire (do you know how to...? > yes/no/I'm not sure) mais quel est leur état de confiance vis-à-vis des différents outils (how do you feel about...? > Very confident / confident / not really confident / what is that?)

Faire des groupes de niveau. Si c'est possible, diviser les étudiants en groupes de niveau c'est tellement tellement mieux !
Leur demander de se répartir eux-mêmes entre trois groupes de niveau peut marcher assez bien. Sinon, je les répartis d'autorité en fonction de leurs réponses à mon questionnaire.
Ainsi, si j'arrive à isoler les étudiants de "niveau faible", ça me permet de commencer par passer du temps avec eux pour vérifier qu'ils savent bien utiliser Firefox (oui, oui...) et trouver le site de la bibliothèque avant de passer à quoi que ce soit d'autre.
Avec les autres groupes, je vais pouvoir avancer plus vite et voir plus de choses.

Visualiser sans le stress de l'outil. Le truc important que j'essaie de transmettre à mes étudiants, ce n'est pas forcément la technique d'utilisation d'un outil (ça en fait partie mais c'est loin d'être le premier point sur ma liste), mais la méthode qu'il y a derrière. C'est là que sont les compétences transférables qui leur permettront non seulement de savoir utiliser cette base de données en particulier, mais de savoir utiliser toutes les bases de données similaires (par exemple).

Du coup, si on se détache d'un outil particulier pour aller vers les concepts abstraits qui sont derrière, on peut s'éloigner des supports informatiques pour jouer avec des matériaux plus physiques. Avec des schémas et autres documents pédagogiques, ou avec des activités à faire "avec les mains" plutôt que sur ordinateur.
Et ça, c'est très bon quand on s'adresse à des personnes qui sont extrêmement stressées par l'utilisation d'outils informatiques. Cela permet de parler calmement d'un concept en particulier et de s'assurer qu'elles ont bien compris les bases avant de mettre le tout en application sur ordinateur.
Autre utilité : pour faire cours dans une salle non informatisée, où les étudiants ne vont pas pouvoir tester l'outil immédiatement. Ça permet de s'assurer qu'ils ont au moins saisi les concepts.
Et ça marche même avec les plus débrouillards qui n'auraient théoriquement pas besoin de cette béquille pour saisir comment écrire une équation de recherche par exemple. Dans mes questionnaires de feedback, les petites activités manuelles que je propose sont toujours ce qu'ils ont préféré dans la séance.

Dans les faits, qu'est-ce que ça donne ? Et bien des fiches d'activités comme le Good Search / Bad Search ou un jeu en groupe comme celui de la "Recette" ; je vous les avais présentés tout les deux dans mon article sur les pédagogies actives.
Ça peut aussi être de véritables petits jeux de société inventés pour l'occasion afin d'illustrer un concept, des puzzles, des activités se rapprochant plus des travaux manuels... J'en ai quelques exemples sous le coude en ce moment ; je vous les présenterais quand je les aurais testés sur mes étudiants.

Savoir prendre son temps. D'après les commentaires que je reçois dans mes formulaires de feedback, même quand je mets pas mal d'activités simples dans une session, les étudiants pensent toujours que la leçon allait à la bonne allure. Du coup, mieux vaut aller le plus doucement possible et les faire jouer avec les concepts au cours d'activités pédagogiques plutôt que de se précipiter pour essayer de voir le plus de choses possible en un temps record : ce n'est jamais du temps de perdu.

Revenir enfin à l'outil. À un moment ou à un autre, il faut bien lâcher ses petits papiers et revenir vers l'écran d'ordinateur.

Si j'ai affaire à un groupe de faible niveau assez homogène, on va aller très doucement et voir assez peu de choses. L'idée est de ne surtout pas les noyer, mais de les mettre suffisamment en confiance pour être sûre qu'ils sauront reproduire avec confiance les quelques étapes simples que je vais leur montrer.
Je montre chaque étape une part une et j'attends bien que tout le monde ait réussi à la reproduire sur son pc, même pour les trucs les plus élémentaires comme cliquer sur un bouton...

Si je n'ai pas pu diviser la classe en groupes de niveau, je demande à une collègue de venir m'aider et elle peut vérifier que tout le monde suit et aider les retardataires pendant que je présente des fonctionnalités plus avancées.

Des photocopies, rien que des photocopies. 
Quelle est l'utilité d'avoir des documents pédagogiques uniquement en ligne si les étudiants ont du mal à y accéder ? Pour les "computer literate", la question ne se pose pas. Mais pour les autres je suis devenue une adepte du bon vieux polycopié.
J'ai toujours de meilleurs retours quand je distribue les supports à l'ancienne. Bien entendu, je mets aussi tout en ligne et je leur envoie un email avec les liens juste après la formation.

Autre exemple : quand mon formulaire de feedback était en ligne, je n'avais environ que 25% de réponses. Maintenant, j'en distribue une copie imprimée qu'ils remplissent avant de partir et j'ai un taux de réponses de 100% !
Certes, c'est mauvais pour les arbres... Mais je n'ai pas encore trouvé de meilleure alternative.

Un dernier point :
Former les formateurs. Je propose systématiquement aux professeurs d'assister à la formation avec leurs étudiants : souvent, ils en ont plus besoin qu'eux ! En particulier ceux qui rechignent à me donner du temps pour passer dans leur classe : c'est souvent qu'ils n'ont pas idée de tout les savoir-faire que nous pouvons leur apporter. Et parfois leur "computer literacy" laisse elle aussi à désirer...
Et à ceux qui n'ont pas pu venir, je propose de venir les former en seul-à-seul directement dans leur bureau. Ils ne m'échapperont pas !


La photo ci-dessus est de Phil Gyford. Elle est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 Générique.

mardi 16 septembre 2014

La London Library

Cette année, j'ai visité pas mal de bibliothèque londoniennes, en partie pour pouvoir les ajouter au portfolio de mon Chartership, et surtout parce que certaines branches du Cilip organisent régulièrement des visites de diverses bibliothèques ce qui permet d'assouvir sa curiosité bibliothéconomique très facilement !
Mais de toutes celles que j'ai visitées, celle qui m'a le plus marqué c'est de loin la London Library. Si vous avez l'occasion de passer sur Londres, profitez donc des visites gratuites qu'ils organisent tous les lundis, ça vaut le détour !
Mais commençons par le commencement...


Création

La London Library a été fondée par Thomas Carlyle en 1841. Il n'aimait pas la British Library, qu'il trouvait trop bruyante et il n'aimait pas avoir à passer par les bibliothécaires pour pouvoir accéder aux livres. Il a donc décidé de créer une bibliothèque où l'on se sentirait comme à la maison, ou peut-être plutôt comme dans un club.


Le bureau d'accueil en 1935. Crédit photo : Sylvia Lewes

Les collections

Aujourd'hui, les collections de la London Library comptent plus d'un million de livres. Ils ne sont jamais désherbés, sauf les doublons des livres non-populaires. Environ 70% des collections ont été entrées dans leur OPAC mais le reste attends son tour pour être catalogué rétrospectivement. Du coup, les registres papiers (tapés à la machine ou écrits à la main !) doivent encore être utilisés.
Le premier bibliothécaire a inventé un système de classification spécifique pour la bibliothèque. Il est organisé alphabétiquement par sujets, afin d'être plus facile d'utilisation pour les non-bibliothécaires et d'encourager la sérendipité en mettant côte à côte des livres de sujets très différents.

Les collections se concentrent sur les humanités, en particulier la litérature, l'histoire et l'art. Les collections en français, allemand, italien, espagnol et russe sont aussi particulièrement importantes.

La collection de monographie inclut des livres datant du XVIème siècle à nos jours. Environ 8 000 titres sont ajoutés aux collections chaque année, ce qui oblige la bibliothèque à rajouter environ 800 mètres de rayonnages supplémentaires tous les trois ans. Cette expansion combinée à l'absence de désherbage explique pour la bibliothèque a dû beaucoup s'agrandir depuis le début de son existence. On en est au point où elle occupe tout un pâté de maisons au plein centre de Londres. Avec la récente addition de la maison de T.S. Eliot (qui était adjacente à la bibliothèque), ils estiment avoir assez de place pour les 25 prochaines années. Après ça, il leur faudra construire des extensions au-dessus des bâtiments actuels.

Dans la "Times room", la London Library possède une collection de toutes les éditions du Times depuis son ouverture. Elle possède plus de 750 titres dans sa collection de périodiques vivants et possède 2 500 titres de plus pour ses périodiques morts, certains remontant au XVIIIème siècle.
De plus, la bibliothèque souscrit à plus de 200 journaux en ligne et propose à ses membres un accès à JSTOR.

Les acquisitions (pour les périodiques comme pour les monographies) sont faites sur demande des membres et pour compléter certains trous dans les collections. La bibliothèque reçoit aussi de nombreuses donations de membres vivants ou décédés.

Les rayonnages dans le bâtiment le plus ancien.
Crédit Photo : Christopher Simon Sykes

Les Services

97% des collections sont en libre accès, ce qui signifie que d'innombrables étages de rayonnages et salles d'archives sont librement accessibles à ses membres. Toutes les étagères sont suffisamment basses pour être accessibles par la plupart sans aide. 
Une particularité intéressante vient du système d'aération, inventé pendant la construction du bâtiment victorien le plus ancien : pour laisser passer l'air librement, les sols des archives sont des espèces de grilles en fer forgé (vous pouvez les apercevoir dans la photo ci-dessus), ce qui permet de voir à travers les nombreux étages du bâtiment.

Des bureaux et des chaises sont dispersés un peu partout dans la bibliothèque, mais il y a aussi des salles d'étude dont une complètement silencieuse où les ordinateurs portables sont interdits et où un silence strict doit être respecté.
De nombreux membres utilisent la bibliothèque comme leur bureau, venant chaque jour à heure fixe et utilisant toujours le même espace de travail. Les écrivains apprécieraient particulièrement de se sentir ainsi un peu moins seul dans leur travail solitaire.


L'une des salles de lecture. Crédit Photo : Philip Vile

Les membres vivant à moins de 30 km de la bibliothèques peuvent emprunter 10 documents. Ceux qui vivent plus loin peuvent en emprunter 15. Il est possible d'emprunter jusqu'à 40 documents moyennant paiement d'un extra. La période de prêt normale est de deux mois mais peut être pronlongée indéfiniment tant que le document n'a pas été réservé par un autre membre.

Les sacs d'une taille supérieure à une feuille A4 et de la profondeur d'un livre relié doivent être laissés dans des casiers du hall d'entrée. Des sacs plastiques sont distribués aux membres pour qu'ils puissent transporter quelques objets indispensables dans la bibliothèque.


Ses membres

Vu qu'elle est complètement indépendante, l'existence de la London Library dépend entièrement des droits d'inscriptions payés par ses membres, des dons et des collectes de fonds, ainsi que de la gestion prudente de ses ressources. Elle ne reçoit aucune subvention du gouvernement.
La bibliothèque a connu un grand nombre de membres célèbres qui ont joué un rôle central dans la vie intellectuelle du Royaume-Uni (Agatha Christie, Charles Darwin, Charles Dickens, Virginia Woolf, Arthur Conan Doyle, T.S. Eliot, Winston Churchill,...). Pendant longtemps, l'inscription était réservée aux hommes mais la bibliothèque se vante désormais d'être ouverte à tous.
Dans les faits, l'inscription annuelle vaut £475 (environ 600€). Elle est payable mensuellement et un taux à 50% est proposé aux jeunes de 16 à 24 ans. Elle propose aussi un système d'aide pour les futurs membres n'ayant pas les moyens de payer la totalité de l'inscription annuelle, permettant de couvrir 30 à 60% des frais d'inscription.

Un lecteur, en 1935. Crédit Photo : Sylvia Lewes

Mon opinion

La London Library se présente comme une bibliothèque d'étude fantastique, centrée sur le confort de ses membres (avec sa salle silencieuse, sa politique de libre accès aux collections, ses périodes de prêt infiniment extensibles). La liste de ses membres et de ses présidents est vraiment impressionnante et des bâtiments eux-mêmes émane un parfum d'histoire et de littérature. Elle est vraiment superbe et surprenante (les différents architectes qui ont travaillé sur ses bâtiments ont fait un excellent travail), et ses collections sont incroyables.

Mais autant j'aimerais l'utiliser en tant que lectrice, autant elle m'apparaît professionnellement peu attrayante. Je pense particulièrement à la perspective décourageante de l'immense catalogage rétrospectif qui doit encore y être mené, et sa politique stricte de non-désherbage. Si elle continue sur cette voie, la London Library peut s'attendre à être confrontée à de sérieux problèmes structurels dus au manque d'espace pour accueillir ses collections envahissantes.


Toutes les photos de ce billet proviennent du site de la London Library et sont protégées par copyright. Vous pouvez retrouver ici les photos historiques et ici les photos actuelles.