... ils nous mangeront tout crus ! (États d'âme d'une bibliothécaire française à Londres)
mardi 23 décembre 2014
Un peu de lecture pour les vacances
Je profite des vacances pour rattraper mon retard de veille, du coup je me suis dit que j'allais partager...
Remarque : tous ces articles sont en anglais.
Bonnes fêtes à tous !
Que faire quand on trouve une fleur préservée dans un livre ancien ?
Pliez votre propre in-octavo !
Une analogie entre journaux scientifiques et matriochkas.
Un article très intéressant remettant en cause l'idée que "trouver" soit le principe fondateur de la plupart des formations que nous donnons aux étudiants.
Qui l'a tweeté en premier ? Phil Bradley nous explique comment trouver cette information capitale avec un nouvel outil... (Ça marche plus ou moins bien : il date le premier #pointrenne d'octobre 2012 alors qu'on peut en retrouver dès décembre 2011 en remontant le hashtag...)
Citer ou ne pas citer Google comme sa source première... (Et de la qualité des informations qu'il nous fournit directement.)
Une vidéo promotionnelle de bibliothèque étonnament bonne.
Qui devrait enseigner la citoyenneté numérique ?
Quel est votre capital numérique ?
En février aura lieu un grand échange de livres pour enfants.
Photo ci-dessus par Sharon Drummond - Partagée avec une licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike
mercredi 17 décembre 2014
Un accent, des accents
Qui parmi vous pense pouvoir se débrouiller en anglais au motif qu'elle peut regarder des séries américaines sans les sous-titres ? J'avoue que j'ai longtemps fait partie de cette catégorie. Mais, si c'est un bon début, c'est loin d'être suffisant ! Surtout si ce ne sont pas les États-Unis que vous visez, mais le Royaume-Uni...
Car voilà ce qu'on ne nous a jamais dit en cours d'anglais : il n'y a pas un mais des dizaines d'accents possibles... C'est d'ailleurs là un de mes plus grands plaisirs depuis que j'habite Londres : j'écoute les gens parler dans la rue, dans le métro, à la télévision, et je me délecte de tous ces délicieuses musiques. Dans une même conversation, il y a rarement deux personnes avec le même accent.
Car non seulement le Royaume-Uni est extrêmement riche en accents divers et variés, mais à Londres c'est encore accentué par un melting-pot international ultra-réussi.
- Conséquence 1 : si vous venez à Londres, ne soyez pas embarrassés par votre accent français. 1/ Tout le monde à l'habitude d'entendre des gens avec des accents différents. 2/ L'accent français est unanimement reconnu comme étant l'accent le plus sexy (oui, je sais, ça fait bizarre, quand on a appris à détester le magnifique "accent anglais" que produisent la plupart de nos compatriotes) et donc tout le monde vous pardonnera si vous transformez vos "the" en "ze".
- Conséquence 2 : c'est beaucoup beaucoup plus difficile de suivre une conversation dans un groupe britannique si le seul accent avec lequel vous êtes un temps soit peu familiarisée est l'accent américain. Mais ne vous inquiétez pas pour ça, on va y remédier dès à présent.
[Disclaimer: Je n'ai rien d'une linguiste ; si vous trouvez des erreurs dans mon texte, signalez-les moi et je ferais les modifications!]
Le RP
Parlons tout d'abord de l'accent dit "standard", le "RP" ou "Received Pronunciation". N'allez pas croire que, parce qu'il est standard, il est neutre - c'est loin d'être le cas.
On l'appelle aussi l'accent BBC parce que pendant longtemps les speakers et speakerines de la chaîne parlaient uniquement avec cet accent-là. Il est aussi appelé accent d'Oxford ou accent de la Reine... Dans les faits, il a une connotation très anglaise (rappelez-vous, l'Angleterre, n'est qu'une partie du Royaume-Uni !), snob et chic. C'est l'accent de la famille royale, de David Cameron et de tous ceux qui ont été éduqués dans l'une des prestigieuses "public schools".
Du coup, c'est celui-là que vous pourrez entendre dans tous les films en costumes (à vous - presque - toutes les versions d'Orgueil et Préjugés !).
C'est aussi l'accent de Colin Firth dans Le Discours d'un Roi. Et c'est celui qu'ont les aristocrates dans Downtown Abbey (les domestiques ont quant à eux l'accent du Yorkshire).
Mais je voulais néanmoins vous donner quelques exemples associés à des références de films ou de séries, histoire que vous puissiez répliquer la prochaine fois que vous vous faîtes un marathon série "Tu comprends, j'essaie de me familiariser avec l'accent du Gloucestershire, et y a du boulot !".
Exemples choisis
Au sein même de Londres, on trouve des variations d'accents, le plus célèbre d'entre eux étant l'accent Cockney (qui tient presque plus de la langue régionale !). Pour tester celui-là, il vous faut jeter un oeil à la série East Enders. N'essayez pas de vous la faire en entier (ils en sont à près de 5000 épisodes !), quelques minutes suffiront...
Pour quelque chose de meilleure qualité, allez plutôt voir Ripper Street dont on ne me dit que du bien (c'est la prochaine série sur ma liste !).
Si vous voulez vous projeter vers le Nord de l'Angleterre, écoutez donc le neuvième Docteur (Christopher Eccleston, mon préféré) dans la première saison du reboot de 2005 de Doctor Who.
Toujours dans le Nord, j'ai lu de bonnes critiques de la série The Mill où l'on peut apparemment entendre des accents de Manchester et de Liverpool (le "Scouse accent").
Pour faire le contraste entre accents du Nord (laborieux) et du Sud ("posh"), essayez la mini-série de la BBC North and South, adaptée du livre d'Élisabeth Gaskell.
Pour l'Ouest de l'Angleterre, allez donc regarder Hot Fuzz (extrait ici... bien à propos), où vous pourrez entendre des dialectes du Somerset.
Pour l'accent écossais, vous vous référerez bien sûr au douzième Docteur (Peter Capaldi, saison 8) et vous en profiterez pour regarder l'épisode spécial de Noël le 25 décembre. Ou l'excellente série policière Broadchurch (la version britannique, pas le remake américain) où David Tennant a pu garder son accent écossais.
Si vous êtes plutôt film, je conseille La Part Des Anges de Ken Loach (attention, vous allez avoir besoin des sous-titres !).
Apparemment, on peut entendre pas mal d'accents du Pays de Galles dans Torchwood. Et c'est l'accent que prend Tom Hardy dans Locke (mais, ne l'ayant pas vu, je ne sais pas ce que ça vaut).
Si vous voulez pousser jusqu'à l'Irlande et en profiter pour en apprendre plus sur l'histoire du pays, jetez donc un oeil à The Wind That Shakes the Barley (Le vent se lève) de Ken Loach (encore) ou à Michael Collins.
Enfin, je ne peux m'empêcher de vous recommander de regarder Top of the Lake, une mini-série de Jane Campion, où vous pourrez entendre de beaux accents Néo-Zélandais et Australiens. Mais je m'égare.
Et sur les ondes...
Une fois que vous serez bien échauffés avec toutes ces séries et films, le test ultime (avant le passage à l'acte et le billet d'Eurostar), c'est la radio. Plus de support visuel pour vous raccrocher aux branches, plus de sous-titres pour vous mâcher le travail, c'est le grand bain !
Mais c'est aussi le début de votre découverte de BBC radio 4, de ses émissions humoristiques et de ses fictions radiophoniques, qui ont toujours le vent en poupe de ce côté-ci de la manche. Si vous voulez commencer "facile", prenez-en une adaptée d'un roman que vous aurez lu au préalable. Par exemple, il existe une très bonne version de Neverwhere de Neil Gaiman avec un casting de folie.
Sinon, ma préférée c'est Cabin Pressure de John Finnemore, série humoristique racontant les mésaventures de l'équipe d'un petit charter de ligne. Les acteurs articulent extrêmement bien et vous trouverez les scripts en ligne si vous avez encore besoin d'un petit coup de pouce... D'ailleurs, je vous laisse, je m'en vais tous les ré-écouter pour être à jour avant le double épisode final qui sera diffusé à Noël...
Si vous avez d'autres suggestions de films et de séries avec des accents intéressants, partagez-les en commentaires ! Please! I need more stuff to watch! :)
[Edit : En bonus, si vous êtes fan de Games of Thrones (si vous ne l'êtes pas encore, essayez !), voici un super article qui décortique tous les accents qu'on entend dans la série.]
La photo ci-dessus est de thelearningcurvedotca. Elle est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 2.0 Générique.jeudi 27 novembre 2014
Activité : L'équation de recherche façon puzzle
Je continue sur ma liste d'activités de pédagogie active, testées et approuvées ! Après Les Chimères, voici un autre jeu "clés en main", à utiliser pendant vos formations...
J'ai créé ce jeu en modifiant un autre jeu proposé par Andrew Walsh et Padma Inala. "The washing line strategy" permettait aux apprenants d'exprimer physiquement l'idée de recherche booléenne en épinglant des mots clés et des Booléens sur une ficelle (comme on accrocherait des vêtements à un fil à linge).
J'ai décidé d'aller plus loin en incluant d'autres items que l'on peut trouver dans une équation de recherche (des cartes vierges pour les mots-clés, des Booléens, certains codes de champs de PsycINFO - la base de donnée sur laquelle je fais la démonstration de recherche - et des parenthèses). J'ai laissé tombé la ficelle, qui me semblait superflue, et je me suis retrouvée avec des espèces de pièces de puzzle à remettre dans l'ordre - d'où le nom.
L'équation de recherche façon puzzle
Les règles du jeu
Les participants sont répartis deux par deux et je leur donne un petit sac contenant des pièces de puzzle plus une carte expliquant le jeu et leur donnant des requêtes imaginaires de demande d'information (vous les trouverez toutes les six - traduites exprès pour vous ! - dans le document téléchargeable au bas de cette page).
Ils doivent créer des équations de recherche à propos de cette requête, en utilisant les éléments de puzzle contenus dans le sac.
La formatrice passe d'une paire à l'autre pour vérifier s'ils ne sont pas trop perdus et les aider à corriger leurs erreurs.
Matériel requis
- Des pièces de puzzle imprimées sur des cartons de couleur ;
- Une carte d'explication par groupe, elle aussi imprimée sur du carton (et plastifiée si possible, histoire qu'elle dure plus longtemps) ;
- Des sacs en plastiques (j'utilise des ziploc à fleurs...) pour que les petites pièces ne s'échappent pas !
Remarque : comme les étudiants peuvent écrire sur les pièce de puzzle "terme de recherche", il faut en ré-imprimer régulièrement.
Comment ça se passe
Dans le contexte de mes formations, le but final de ce jeu est de permettre aux étudiants de comprendre comment modifier eux-mêmes les équations de recherche dans une base de donnée bibliographique.
Du coup, il s'adresse à des étudiants ayant un niveau un peu avancé et pour lesquels il serait intéressant de comprendre comment créer des requêtes complexes.
J'ai fait plusieurs tests avec différentes classes et j'en conclus que ce jeu est à utiliser uniquement avec des étudiants maîtrisant déjà bien les bases de la recherche documentaire. Dans l'idéal, je le fais avec des groupes que j'ai déjà vus une première fois et avec lequel on a couvert les bases (notamment, comment utiliser des champs de recherche et les Booléens).
La grosse difficulté pour eux, c'est de comprendre comment marchent les parenthèses (enfin, si vous avez des matheux, ça devrait être plus facile, mais mes petits psychanalystes n'aiment vraiment pas ça !).
Mais c'est vraiment idéal d'aborder ce concept compliqué sans ordinateur, avec quelque chose de visuel et de ludique.Ce qui prend le plus de temps, c'est de passer d'un groupe à l'autre pour ré-expliquer et corriger les petites erreurs. Du coup, si vous avez un deuxième collègue qui peut être sur le pont juste à ce moment-là, c'est l'idéal. Et on peut envoyer les étudiants plus "doués" aider les autres. En fonction du nombre de questions et de la taille du groupe, la durée du jeu peut beaucoup varier. Mais avec une classe de 10-12 étudiants assez dégourdis, ça dure environ 20 minutes.
Au final, j'ai eu de très bons retours sur cette activité. Mes étudiants ont aimé le côté intéractif et ludique. De plus, ils ont apprécié les petites histoires amusantes que j'ai inventées pour les "requêtes documentaires" et ils étaient curieux de voir celles que les autres groupes avaient eues.
Les seuls retours négatifs que j'ai eu provenaient d'un groupe pas encore assez "mûr". Il leur aurait fallu plus de temps avec des activités plus simples pour bien renforcer les concepts basiques de la recherche documentaire avant de passer à celle-ci.
Fiche à télécharger
Enfin, je vous propose de télécharger ce fichier pdf si vous voulez utiliser ce jeu dans vos classes. Il contient les fiches explicatives avec les requêtes et les pièces de puzzle à imprimer et découper. Si besoin, n'hésitez pas à les recréer pour les modifier et les faire correspondre aux bases de données que vous utilisez !Si vous l'utilisez, ça me ferait plaisir si vous m'envoyiez un message pour me dire comment ça s'est passé. Et n'hésitez pas à utiliser les commentaires si vous voulez plus d'explications !
mardi 4 novembre 2014
Activité : Les comportements de recherche
Choses promises, choses dues, voici la fiche complète d'une activité que j'ai utilisée en classe avec des étudiants et qui a pas mal marché.
Pour la créer, je me suis basée sur une idée trouvée dans le livre Active Learning Techniques for Librarians par Andrew Walsh et Padma Inala, dont j'avais déjà parlé ici.
Dans le jeu original, les auteurs utilisaient une liste de typologies de comportements décrits comme s'il s'agissait d'animaux (la pie est distraite par ce qui est nouveau, l'araignée n'utilise que ce qu'elle trouve sur la toile, etc.) pour lancer une discussion de classe sur les forces et les faiblesses de chaque comportement. Dans l'idéal, la conversation devrait les mener à donner des conseils sur la modification de leurs comportements et comment améliorer leur recherche documentaire.
J'ai décidé d'utiliser certaines des descriptions d'animaux proposées dans le livre mais j'a choisi de changer le "gameplay" pour pousser les étudiants à être créatif...
Les Chimères
Les règles du jeu
- Les participants sont divisés en groupes de deux ou trois personnes.
- On distribue à tous les groupes des fiches présentants les différents animaux, leurs supposés "comportements de recherche d'information" et une image (j'ai trouvé la plupart des images sur Wikimedia).
- Les participants doivent choisir trois animaux représentant, d'après eux, les meilleurs caractéristiques à avoir pour faire une recherche documentaire.
- Ils découpent un tiers du dessin de chaque animal et le collent sur un patron qui leur a été distribué. Tout autour, ils écrivent le nom de chaque animal et pourquoi ils l'ont choisi. Enfin, ils inventent un nom pour leur nouvelle créature mythologique...
- À la fin, on fait un bref tour de table pour voir les créations des autres et parler de leurs choix.
Matériel requis
- Des fiches animaux, patrons et explications, imprimés par vos soin sur l'imprimante de la bibliothèque.
- De la colle et une paire de ciseaux pour chaque groupe.
Et ça marche ?
J'utilise ce jeu pour briser la glace au début d'une session à propos de la recherche documentaire. Il faut néanmoins garder à l'esprit que ça prend du temps (entre les explications, l'exécution et le debriefing, ça fait bien 15 minutes) donc on ne peut pas le faire sur une séance trop courte !
Je commence par présenter chaque animal / comportement au tableau avant d'expliquer le jeu. Il faut parfois répéter plusieurs fois que le but est de chercher les meilleurs caractéristiques possibles pour créer une chimère qui sera la meilleure possible d'un point de vue de la recherche documentaire.
Le fait est que même les étudiants de doctorat a-do-rent l'idée de faire du découpage comme des gamins. Je crois que, parmi tous ceux que j'ai essayés, c'est l'un des jeux qui a le plus de succès juste pour ça !
Mais en plus, il permet aux étudiants de réfléchir sur leurs propres comportements de recherche et comment ils pourraient les améliorer. Et ça reste. Pas plus tard qu'hier, j'ai reçu un message d'une étudiante avec qui j'avais fait le jeu en juillet et qui me demandait un rendez-vous pour l'aider à améliorer son comportement de recherche documentaire... Ça ne m'était jamais arrivé avant d'utiliser ce jeu !
Enfin, ce qui me gênait avec le jeu original, c'est que la discussion commence un peu abruptement. De ce que j'ai pu voir, c'est infiniment plus facile de faire parler les étudiants s'ils ont d'abord échangé entre eux en petits groupes, et c'est ce que permet ma version. Mais de ce fait, ensuite, le debriefing peut durer pas mal de temps s'ils ont beaucoup de choses à dire ! Du coup, c'est pas mal de se laisser un peu de marge et de ne pas être trop ambitieux sur le nombre de choses à voir au cours du reste de la séance...
Fiche à télécharger
Enfin, je vous propose de télécharger ce fichier pdf si vous voulez utiliser ce jeu dans vos classes. Il contient les fiches animaux, les explications et le patron à distribuer aux élèves.
J'ai repris les descriptions proposées par Walsh et Inala en les modifiant un peu. Et j'ai tout traduit en français juste pour vous !
Si vous l'utilisez, ça me ferait plaisir si vous m'envoyiez un message pour me dire comment ça s'est passé et me montrer les productions de vos étudiants !
D'ailleurs, voici un exemple de ce que ça peut donner...
lundi 27 octobre 2014
3 ans déjà !
Ça fait très exactement aujourd'hui trois ans que j'ai ouvert ce blog. C'était un soir d'octobre, je venais de commencer un nouveau travail à Paris, loin de mes racines grenobloises et encore remuée par le stress post-traumatique des concours.
Au cours de ces trois années, je me suis débattue pour assumer ma nouvelle identité de bibliothécaire, j'ai fini par m'habituer à la vie parisienne, j'ai décidé d'émigrer en Grande-Bretagne et j'ai découvert le métier de formatrice (en bibliothèque bien sûr) et la vie sur Londres.
Ce blog m'a accompagné dans tous ces changements identitaires et professionnels (parce que, comme bien des gens, je m'identifie très fortement à mon métier), et j'y tiens plus que je ne saurais dire. Il y a eu de grands trous pendant lesquels je n'ai pas écrits, et il y en aura très certainement encore. Parce que parfois, c'est dur de trouver un bon sujet. Parce que l'inspiration. Parce que la vie. Mais une chose est sûre : j'espère continuer à écrire dans ce petit journal virtuel encore longtemps.
Alors, pour fêter cet anniversaire, je voulais vous proposer de revisiter quelques uns de mes billets les plus populaires. En voici la liste, en commençant par celui qui, de loin, a été le plus lu :
1/ Faut-il encore des bibliothécaires ?
Il s'agit de mon tout premier résumé de conférence. C'était au salon du livre en 2012 et la conversation entre Anne-Marie Bertrand, Dominique Parot et Marie-Christine Pascal était animée par Christophe Pavlidès. Ils avaient notamment parlé des bénévoles et des autres corps de métiers que l'on peut trouver dans nos bibliothèques.
Ce billet-ci, je l'ai publié juste après le précédent, pour raconter ma réaction lorsque je me suis retrouvée dans la salle de conférence absolument bondée... et composée à 95% de femmes. Sauf sur l'estrade bien sûr. Sur scène il y avait quatre personnes dont deux hommes. Comme c'est étrange...
À l'époque, je me débattais avec l'idée de faire "un métier de fille". Je dois avouer que ça ne m'est pas encore tout à fait passé. Et ça reste l'un de mes billets préférés.
Encore un résumé de conférence, mais issu du salon de Montreuil cette fois. Les intervenants (Pascale Lapierre, Jean-Pierre Siméon, Philippe Meirieu, Lucie Placin, Robert Rui et Alain Serres) étaient absolument brillants, engagés, réfléchis. J'en garde un souvenir tout émerveillé.
Allé, une petite citation :
"Dans ce contexte de crise, la culture est-elle nécessaire ? C’est aux poètes qu’il faut poser sérieusement les questions politiques. [...] La poésie, c’est l’éthique dont la politique a perdu le sens."
Je ne fais plus de catalogage, mais je suis toujours aussi névrosée... Combien de bibliothécaires trient comme moi compulsivement chaque aspect de leur vie ? Faut-il être névrosé pour devenir catalogueur ou la névrose se développe-t-elle en cataloguant ? Et peut-on être sauvée par ce travail maniaque ?
Le dernier billet de cette liste est beaucoup plus récent que les autres. Je l'ai composé cet été pour refléter ce que j'avais appris sur l'active learning et que je commençais tout juste à mettre application dans mes formations. Ces derniers mois, j'ai continué sur cette voie et je reste persuadée qu'il s'agit en effet de la meilleure façon de s'y prendre. Pour preuve : je vais continuer à vous en rebattre les oreilles très bientôt, avec des exemples d'activités in vivo à utiliser dans vos propres formations... Stay tuned!
Enfin, je voulais lancer de tout mon coeur un grand merci à chaque personne qui prend le temps de me lire ici de temps en temps. Car c'est bien là toute l'idée d'un journal ouvert aux grands vents de l'Internet. Merci d'être passé par ici. Merci de m'avoir donné un peu de votre temps. Merci !
Photo de synx508, mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 3.0 non transposé.
dimanche 12 octobre 2014
Veille - Outils de présentation et Information Literacy
Une fois n'est pas coutume, voici un mini-billet de veille contenant quelques liens que j'ai trouvé intéressants au cours de la semaine passée. (Tous les liens sont Britanniques : anglophobes s'abstenir !)
- Tout au long de la semaine, Ned Potter (vous vous souvenez ? J'avais traduit un article de lui il n'y a pas longtemps) a présenté différents outils pour améliorer nos présentations.
Au programme : - De belles polices de caractères avec FontSquirrel ;
- Alternative à PowerPoint numéro 1 : Haïku Deck (je l'utilise très souvent pour télécharger de belles images pour mes PowerPoints, déjà adaptées à la taille de la diapo et avec un bandeau mentionnant la source en bas : parfait !) ;
- Alternative à PowerPoint numéro 2 : Canva (personnellement, les limitations de la version gratuite m'agacent, j'ai arrêté de l'utiliser complètement) ;
- Une utilisation détournée de Prezi pour faire des diapositives normales en PDF ;
- Et enfin, mon préféré : des outils d'association et de recherche par couleur pour des diapositives plus harmonieuses.
- Suzanne Tatham, sur le blog #UKAnthroLib nous présente un projet extrêmement intéressant qu'elle a mené avec des étudiants : afin de capturer le rapport que les étudiants de l'université de Sussex ont à la bibliothèque, un projet de recherche a été monté autour de trois étudiants (qui bénéficient d'une bourse en échange). Ceux-ci tiennent un blog, animent des focus group, mènent des enquêtes... Une approche vraiment intéressante !
- Le LILAC (Librarian's Information Literacy Annual Conference) est une conférence qui a lieu tous les ans au Royaume-Uni autour du thème de l' "information literacy". La prochaine édition aura lieu en avril, à Newcastle, et l'appel à texte est déjà ouvert.
Vous pouvez jeter un oeil aux présentations des précédentes éditions dans les archives du site.

Cette photo est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 3.0 non transposé.
lundi 29 septembre 2014
10 conseils pour mettre à profit une séance unique
Cet article est une traduction de 10 Tips for Making the Most of a One-Shot Session d'Amanda Hovious.
Tous les liens dans le texte mènent à des ressources en anglais.
C'est la rentrée ! Vous avez probablement entamé l'année avec de nombreuses formations et présentations de la bibliothèque, et la plupart de ces formations tombent sûrement dans la catégorie des séances uniques. Nous connaissons tou.te.s les limitations de ces séances uniques - peu importe à quel point la formation a été préparée, on ne peut pas tout faire en une heure de cours. Donc aujourd'hui, je partage dix conseils pour vous aider à faire en sorte que vos étudiants en apprennent le plus possible en une seule séance. Les voici :
1) Préparez vos apprenants. Entrer sans introduction dans une classe pleine d'étudiants qui ne s'attendent pas à être formés à la recherche documentaire, qui ont oublié, ou qui n'ont aucune idée de l'intérêt que ça peut avoir, c'est s'exposer au désastre et presque garantir que presque rien ne sera appris au cours de la séance. Prévenez les étudiants à l'avance (ne vous contentez pas de vous reposer sur leur professeur) de ce que vous allez leur apprendre et en quoi c'est intéressant vis-à-vis de leur études. Il y a plusieurs manières de s'y prendre. Voici quelques idées : faites une annonce sur la page du cours, créez un message vidéo qu'un de leurs profs pourra leur passer avant votre séance, ou venez en classe la semaine précédente pour vous présenter brièvement. Votre imagination est la seule limite sur ce point.
2) Oubliez les suppositions, passez à l'évaluation. Nous faisons tous des suppositions concernant ce que les étudiants savent ou ne savent pas. Les enseignants le font. Les bibliothécaires le font. Il est temps d'arrêter ! Les suppositions sont probablement la plus grosse barrière à l'apprentissage que l'on puisse créer quand on parle de séances uniques parce que l'on peut se retrouver avec deux types de résultats : 1) les étudiants n'apprennent rien car il leur manquait des pré-requis qu'ils étaient supposés avoir OU 2) les étudiants n'apprennent rien car ils connaissaient déjà les concepts et les compétences enseignées.
Pour éviter ça, la solution la plus simple est d'évaluer les étudiants, de préférence avant la séance. Nul besoin d'être formel : un simple questionnaire devrait suffire. Et plutôt qu'évaluer des compétences abstraites, évaluez l'expérience. Combien de dissertations ont-ils écrit ? À quel point les bases de données leur sont-elles familières ? Comprennent-ils les attentes de la recherche académique ? Si vous avez une classe pleine d'étudiants qui ont peu ou pas d'expérience dans l'écriture de dissertations académiques, se lancer dans l'utilisation des bases de données ou l'évaluation des sources ne sera pas une expérience d'apprentissage vraiment utile. Il leur faut démarrer par une orientation sur le processus de recherche, comment choisir un sujet, le restreindre et identifier leurs besoins informationnels.
3) Soyez flexible. Ce point se joint au point numéro 2. Vous vous êtes donc préparé à enseigner à des étudiants comment trouver des articles dans des bases de données, mais après évaluation vous avez découvert qu'ils n'ont même pas encore choisi leurs sujets. Il est temps de faire preuve de flexibilité car, quand vous allez entrer dans la salle de classe, vous allez devoir faire machine arrière et travailler avec eux sur l'exploration des sujets et identifier leurs besoins informationnels (mais vous pouvez tout de même y intégrer un mot sur les bases de données). Je pense que la façon la plus facile de faire ça est de penser de façon modulaire, chaque module représentant une compétence ou un concept discret. Si vous gardez en tête la modularité quand vous développez vos documents pédagogiques, vous pourrez sortir n'importe quel tour de votre chapeau à la demande. Vous serez toujours préparés pour enseigner aux étudiants ce dont ils ont besoin.
4) Less is more. Si vous lancez 1000 concepts aux étudiants, combien vont-ils en mémoriser ? Probablement aucun. Trop de contenu mène à une surchage cognitive. Concentrez-vous sur un nombre limité de concepts ou de compétences et vos étudiants en retiendront bien plus. Jetez un oeil à mon post sur la "Règle de un" pour les séances uniques. Cette règle reflète une approche modulaire de l'instruction.
5) Ayez une approche multimodale. La présentation multimodale d'informations signifie que vous présentez la même information sur plus d'un mode (par exemple visuel, auditif, tactile). Cela peut vous rappeler les styles d'apprentissage mais ce n'est pas tout à fait ça. Le but d'une présentation multimodale n'est pas un enseignement à l'attention de divers styles d'apprentissage (les styles d'apprentissage sont plus un mythe qu'une réalité). Il s'agit plutôt de réduire la charge cognitive et d'améliorer la compréhension. Personne n'apprend au maximum de ses capacités lorsqu'on ne fournit qu'un seul mode de présentation (bien que l'on puisse avoir des préférences). Tout le monde bénéficie d'une présentation multimodale. Gardez cela à l'esprit lorsque vous développez vos matériels pédagogiques et activités. Par exemple, vous pouvez présenter le concept des sources primaires et secondaires avec des exemples de la vie réelle (tactile) et une vidéo Youtube (audiovisuel).
6) Essayez le modèle de l'atelier. Le modèle de l'atelier est une approche qui est beaucoup utilisée aux États-Unis pour enseigner les compétences de langue - et parfois les maths - au primaire et au secondaire. Je pense qu'il s'agit d'une approche idéale pour les séances uniques car cela permet de planifier l'apprentissage en s'appuyant sur une limite temporelle définie. Le modèle de l'atelier a quatre composantes primaires : l'ouverture, la mini-leçon, le temps de travail et le débriefing. L'ouverture (environ 5 minutes) permet de définir les attentes et d'identifier les objectifs de la session. La mini-leçon (10 à 15 minutes) est la composante directe d'enseignement et peut inclure une démonstration et/ou un petit cours. Le temps de travail (environ 30 minutes) est la composante où les étudiants pratiquent ce qui a été enseigné pendant la mini-leçon. Le niveau de supervision peut varier au cours de cette période, en fonction des besoins des étudiants. Le débriefing (10 à 15 minutes) permet aux étudiants de réfléchir sur leur travail. Qu'ont-ils appris ? Quelles questions ont-ils encore ?
7) Utilisez des exemples pratiques. Les exemples pratiques ("worked examples") sont des supports d'enseignement incroyables. Vous les avez probablement déjà rencontrés en maths, mais je pense qu'ils servent une fonction importante dans l'apprentissage de la recherche documentaire. Afin que les étudiants deviennent de bons chercheurs et de bons auteurs, ils doivent voir ce que "bon" veut dire. C'est là que viennent les exemples pratiques. Un exemple pratique d'une dissertation dans un contexte de formation à la recherche documentaire devrait inclure des annotations de la bibliographie et des citations dans le texte. Pourquoi cette source a-t-elle été choisie ? Comment a-t-elle été trouvée ? Pourquoi a-t-il fallu la citer à des endroits spécifiques ? Encore mieux, créez un exemple pratique intéractif où les items annotés sont des liens menant à des boîtes pop-ups contenant plus d'informations. Les pop-ups permettent de désencombrer l'espace visuel et de réduire la charge cognitive.
8) Faîtes des liens avec la vie réelle. Tous les étudiants ne sont pas de futurs enseignants-chercheurs en devenir. La plupart ne le sont pas. La plupart n'aiment pas le processus de recherche académique. Mais un jour ils utiliseront leurs compétences d'information literacy d'une manière ou d'une autre. Ils ont donc besoin de savoir comment transférer ces connaissances au-delà du domaine académique. C'est pourquoi faire des liens avec la vie réelle est vital pour la formation à la recherche documentaire. Mais comment faire des liens entre la recherche et la vie réelle lorsque l'on est dans une salle de classe, au sein d'un campus, au milieu de nulle part ? En utilisant l'apprentissage par problèmes lié à leur carrière ou à leur vie future (ils ont besoin de savoir transférer les compétences au-delà de l'école, donc faites en sorte que les cas reflètent des évènements futurs). Si les étudiants travaillent déjà sur une dissertation, mieux vaut se concentrer là-dessus. Néanmoins, savoir faire des liens entre l'apprentissage à l'école et l'apprentissage tout au long de la vie est une compétence essentielle au XXIème siècle. Les bibliothèques devraient donc considérer l'intégration de ce type d'apprentissage par problèmes dans les formations qu'elles donnent aux étudiants de première année par exemple.
9) Incitez à l'utilisation de la bibliothèque. Rien n'est plus exaspérant que les étudiants qui sont fiers d'admettre qu'ils n'ont jamais mis un pied à la bibliothèque. Ils devraient être embarrassés. La réussite à l'école nécessite d'utiliser la bibliothèque. Et les lecteurs réguliers réussissent probablement bien mieux après l'université (je ne sais pas si c'est vrai, mais ça me paraît bien). Comment faire en sorte que les étudiants que l'on voit lors de séances uniques se mettent à fréquenter la bibliothèques ? Tous les moyens sont bons. Des points en plus, si l'enseignant est d'accord. De la nourriture. Des prix. Voire un programme de badges numériques s'il est bien développé. Le plus important étant que les étudiants viennent à la bibliothèque après leur session et créent des liens avec les bibliothécaires.
10) Le suivi. Combien de formations avez-vous donné après laquelle vous avez perdu la trace des étudiants ? Où vous n'avez pas recontacté l'enseignant afin de découvrir comment les étudiants s'en étaient sorti dans leurs examens ? Le suivi est aussi important que la préparation de l'apprenant (point numéro 1). Les questionnaires avec des questions en lien avec la formation peuvent être utiles, mais le suivi en personne avec l'enseignant vous donnera probablement des informations ayant plus de valeur et vous aidera à améliorer vos prochaines formations.
Tous les liens dans le texte mènent à des ressources en anglais.
C'est la rentrée ! Vous avez probablement entamé l'année avec de nombreuses formations et présentations de la bibliothèque, et la plupart de ces formations tombent sûrement dans la catégorie des séances uniques. Nous connaissons tou.te.s les limitations de ces séances uniques - peu importe à quel point la formation a été préparée, on ne peut pas tout faire en une heure de cours. Donc aujourd'hui, je partage dix conseils pour vous aider à faire en sorte que vos étudiants en apprennent le plus possible en une seule séance. Les voici :
1) Préparez vos apprenants. Entrer sans introduction dans une classe pleine d'étudiants qui ne s'attendent pas à être formés à la recherche documentaire, qui ont oublié, ou qui n'ont aucune idée de l'intérêt que ça peut avoir, c'est s'exposer au désastre et presque garantir que presque rien ne sera appris au cours de la séance. Prévenez les étudiants à l'avance (ne vous contentez pas de vous reposer sur leur professeur) de ce que vous allez leur apprendre et en quoi c'est intéressant vis-à-vis de leur études. Il y a plusieurs manières de s'y prendre. Voici quelques idées : faites une annonce sur la page du cours, créez un message vidéo qu'un de leurs profs pourra leur passer avant votre séance, ou venez en classe la semaine précédente pour vous présenter brièvement. Votre imagination est la seule limite sur ce point.
2) Oubliez les suppositions, passez à l'évaluation. Nous faisons tous des suppositions concernant ce que les étudiants savent ou ne savent pas. Les enseignants le font. Les bibliothécaires le font. Il est temps d'arrêter ! Les suppositions sont probablement la plus grosse barrière à l'apprentissage que l'on puisse créer quand on parle de séances uniques parce que l'on peut se retrouver avec deux types de résultats : 1) les étudiants n'apprennent rien car il leur manquait des pré-requis qu'ils étaient supposés avoir OU 2) les étudiants n'apprennent rien car ils connaissaient déjà les concepts et les compétences enseignées.
Pour éviter ça, la solution la plus simple est d'évaluer les étudiants, de préférence avant la séance. Nul besoin d'être formel : un simple questionnaire devrait suffire. Et plutôt qu'évaluer des compétences abstraites, évaluez l'expérience. Combien de dissertations ont-ils écrit ? À quel point les bases de données leur sont-elles familières ? Comprennent-ils les attentes de la recherche académique ? Si vous avez une classe pleine d'étudiants qui ont peu ou pas d'expérience dans l'écriture de dissertations académiques, se lancer dans l'utilisation des bases de données ou l'évaluation des sources ne sera pas une expérience d'apprentissage vraiment utile. Il leur faut démarrer par une orientation sur le processus de recherche, comment choisir un sujet, le restreindre et identifier leurs besoins informationnels.
3) Soyez flexible. Ce point se joint au point numéro 2. Vous vous êtes donc préparé à enseigner à des étudiants comment trouver des articles dans des bases de données, mais après évaluation vous avez découvert qu'ils n'ont même pas encore choisi leurs sujets. Il est temps de faire preuve de flexibilité car, quand vous allez entrer dans la salle de classe, vous allez devoir faire machine arrière et travailler avec eux sur l'exploration des sujets et identifier leurs besoins informationnels (mais vous pouvez tout de même y intégrer un mot sur les bases de données). Je pense que la façon la plus facile de faire ça est de penser de façon modulaire, chaque module représentant une compétence ou un concept discret. Si vous gardez en tête la modularité quand vous développez vos documents pédagogiques, vous pourrez sortir n'importe quel tour de votre chapeau à la demande. Vous serez toujours préparés pour enseigner aux étudiants ce dont ils ont besoin.
4) Less is more. Si vous lancez 1000 concepts aux étudiants, combien vont-ils en mémoriser ? Probablement aucun. Trop de contenu mène à une surchage cognitive. Concentrez-vous sur un nombre limité de concepts ou de compétences et vos étudiants en retiendront bien plus. Jetez un oeil à mon post sur la "Règle de un" pour les séances uniques. Cette règle reflète une approche modulaire de l'instruction.
5) Ayez une approche multimodale. La présentation multimodale d'informations signifie que vous présentez la même information sur plus d'un mode (par exemple visuel, auditif, tactile). Cela peut vous rappeler les styles d'apprentissage mais ce n'est pas tout à fait ça. Le but d'une présentation multimodale n'est pas un enseignement à l'attention de divers styles d'apprentissage (les styles d'apprentissage sont plus un mythe qu'une réalité). Il s'agit plutôt de réduire la charge cognitive et d'améliorer la compréhension. Personne n'apprend au maximum de ses capacités lorsqu'on ne fournit qu'un seul mode de présentation (bien que l'on puisse avoir des préférences). Tout le monde bénéficie d'une présentation multimodale. Gardez cela à l'esprit lorsque vous développez vos matériels pédagogiques et activités. Par exemple, vous pouvez présenter le concept des sources primaires et secondaires avec des exemples de la vie réelle (tactile) et une vidéo Youtube (audiovisuel).
6) Essayez le modèle de l'atelier. Le modèle de l'atelier est une approche qui est beaucoup utilisée aux États-Unis pour enseigner les compétences de langue - et parfois les maths - au primaire et au secondaire. Je pense qu'il s'agit d'une approche idéale pour les séances uniques car cela permet de planifier l'apprentissage en s'appuyant sur une limite temporelle définie. Le modèle de l'atelier a quatre composantes primaires : l'ouverture, la mini-leçon, le temps de travail et le débriefing. L'ouverture (environ 5 minutes) permet de définir les attentes et d'identifier les objectifs de la session. La mini-leçon (10 à 15 minutes) est la composante directe d'enseignement et peut inclure une démonstration et/ou un petit cours. Le temps de travail (environ 30 minutes) est la composante où les étudiants pratiquent ce qui a été enseigné pendant la mini-leçon. Le niveau de supervision peut varier au cours de cette période, en fonction des besoins des étudiants. Le débriefing (10 à 15 minutes) permet aux étudiants de réfléchir sur leur travail. Qu'ont-ils appris ? Quelles questions ont-ils encore ?
7) Utilisez des exemples pratiques. Les exemples pratiques ("worked examples") sont des supports d'enseignement incroyables. Vous les avez probablement déjà rencontrés en maths, mais je pense qu'ils servent une fonction importante dans l'apprentissage de la recherche documentaire. Afin que les étudiants deviennent de bons chercheurs et de bons auteurs, ils doivent voir ce que "bon" veut dire. C'est là que viennent les exemples pratiques. Un exemple pratique d'une dissertation dans un contexte de formation à la recherche documentaire devrait inclure des annotations de la bibliographie et des citations dans le texte. Pourquoi cette source a-t-elle été choisie ? Comment a-t-elle été trouvée ? Pourquoi a-t-il fallu la citer à des endroits spécifiques ? Encore mieux, créez un exemple pratique intéractif où les items annotés sont des liens menant à des boîtes pop-ups contenant plus d'informations. Les pop-ups permettent de désencombrer l'espace visuel et de réduire la charge cognitive.
8) Faîtes des liens avec la vie réelle. Tous les étudiants ne sont pas de futurs enseignants-chercheurs en devenir. La plupart ne le sont pas. La plupart n'aiment pas le processus de recherche académique. Mais un jour ils utiliseront leurs compétences d'information literacy d'une manière ou d'une autre. Ils ont donc besoin de savoir comment transférer ces connaissances au-delà du domaine académique. C'est pourquoi faire des liens avec la vie réelle est vital pour la formation à la recherche documentaire. Mais comment faire des liens entre la recherche et la vie réelle lorsque l'on est dans une salle de classe, au sein d'un campus, au milieu de nulle part ? En utilisant l'apprentissage par problèmes lié à leur carrière ou à leur vie future (ils ont besoin de savoir transférer les compétences au-delà de l'école, donc faites en sorte que les cas reflètent des évènements futurs). Si les étudiants travaillent déjà sur une dissertation, mieux vaut se concentrer là-dessus. Néanmoins, savoir faire des liens entre l'apprentissage à l'école et l'apprentissage tout au long de la vie est une compétence essentielle au XXIème siècle. Les bibliothèques devraient donc considérer l'intégration de ce type d'apprentissage par problèmes dans les formations qu'elles donnent aux étudiants de première année par exemple.
9) Incitez à l'utilisation de la bibliothèque. Rien n'est plus exaspérant que les étudiants qui sont fiers d'admettre qu'ils n'ont jamais mis un pied à la bibliothèque. Ils devraient être embarrassés. La réussite à l'école nécessite d'utiliser la bibliothèque. Et les lecteurs réguliers réussissent probablement bien mieux après l'université (je ne sais pas si c'est vrai, mais ça me paraît bien). Comment faire en sorte que les étudiants que l'on voit lors de séances uniques se mettent à fréquenter la bibliothèques ? Tous les moyens sont bons. Des points en plus, si l'enseignant est d'accord. De la nourriture. Des prix. Voire un programme de badges numériques s'il est bien développé. Le plus important étant que les étudiants viennent à la bibliothèque après leur session et créent des liens avec les bibliothécaires.
10) Le suivi. Combien de formations avez-vous donné après laquelle vous avez perdu la trace des étudiants ? Où vous n'avez pas recontacté l'enseignant afin de découvrir comment les étudiants s'en étaient sorti dans leurs examens ? Le suivi est aussi important que la préparation de l'apprenant (point numéro 1). Les questionnaires avec des questions en lien avec la formation peuvent être utiles, mais le suivi en personne avec l'enseignant vous donnera probablement des informations ayant plus de valeur et vous aidera à améliorer vos prochaines formations.
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