lundi 27 juillet 2015

Quand le bibliothécaire persécute l’usager





Lors du congrès de l'ABF 2015, en plus de présenter mon poster, j'ai pu assister à quelques conférences intéressantes.

Voici les notes que j'ai prises au cours d'une séance fort amusante intitulée "Quand le bibliothécaire persécute l'usager : interdits et usages illégitimes".

Cette table ronde s'est déroulée en trois temps, avec trois interventions autour du thème central.

La session était modérée par Céline Vidal, présidente du groupe ABF Languedoc-Roussillon.


Comment dégoûter un lecteur assidu ? - Marielle de Miribel


Marielle de Miribel est conservatrice en chef, chargée de mission qualité au bureau des bibliothèques de la ville de Paris.


- Avoir des locaux miteux, en particulier des toilettes sales ou fermées.

- Un lieu anonyme qui conduit à ne pas se sentir chez soi. Avoir des portes lourdes, peu ou une mauvaise signalétique.

- La mine revêche : il faut sourire… à bon escient !

- Abuser les lecteurs timides : le bibliothécaire se conduit en prescripteur (il sait mieux que vous !), il est là pour faire du “sauvetage” (il faut à tout prix les faire lire… “Si tu prends une BD, il faut aussi que tu prennes un ‘vrai’ livre.”).

- Un vrai capharnaüm : pas de désherbage, des piles de livres partout, et, au final, une sensation d’étouffement.

- Des réponses évasives : du personnel incompétent à l’accueil, aucun document papier à donner au lecteur pour l’aider à s’orienter.

- Déprécier le lecteur : certains collègues n’hésitent pas à humilier les lecteurs publiquement.

- Le bibliothécaire inquisiteur : des sanctions trop fortes, injustes.

- Décider à la place du lecteur.

- Ignorer les lecteurs, c’est tout un art :

> Indifférence : faire comme si on était seul, pas de contact visuel, faire attendre.

> Impatience : faire comprendre au lecteur qu’on a autre chose de plus important à faire ; s’en aller quand un lecteur arrive.

> Suspicion : passer derrière les lecteurs pour vérifier ce qu’ils font...

> Mépris : c’est au lecteur de s’adapter et de se soumettre. Le bibliothécaire ne se déplace pas.





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À quoi sert le règlement ? - Anne-Christine Collet


Anne-Christine Collet travaille au SCD de l'Université Lyon 1.


Le règlement cadre l’offre collective qui est sensée répondre aux besoins de tous.

Il est porteur d’une norme sociale, c’est un contrat social : le règlement ne contraint pas seulement, il libère aussi.

Très vite, on trouve dans les règlements de bibliothèques des mentions d’exclusion.

Lors de la rédaction, il faut faire attention au vocabulaire. Par exemple, “le prêt est consenti” donne l’impression que l’on fait une faveur au lecteur.

Souvent, l’inscription est soumise à l’apport d’une pièce d’identité, d’un justificatif de domicile, etc.

Pourrait-on s’appuyer sur les remarques des usagers pour adapter le règlement ?

On pourrait aussi accompagner le règlement d’une charte d’accueil.


Intervention de la salle :

La bibliothèque de Dunkerque est gratuite et les inscriptions se font sans documentation. Cela a permis d’augmenter le nombre d’usagers, en particulier chez les migrants, précaires.


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“Fais pas ci, fais pas ça : les interdits en bibliothèque” - Anne Verneuil / Adèle Spieser


Présentation par Anne Verneuil (présidente de l'ABF) du mémoire d'étude d'Adèle Spieser (directrice adjointe de la médiathèque Marguerite Duras, Ville de Paris). Pour lire ce mémoire dans son intégralité, c'est par ici.


Il y a une sacralisation du lieu, du livre.

Les interdits proviennent d’une crainte pour l’ordre public. Les comportements interdits dépendent du secteur de la bibliothèque :
  • En bibliothèque patrimoniale, les interdits portent sur les documents.
  • En BU, ils cherchent à favoriser le travail.

La bibliothèque étant un espace public, les interdits soulignent que “on n’est pas chez soi”.

Néanmoins, on observe que le libre accès est en augmentation, qu’il y a une automatisation des prêts, que l’anonymat devient possible.

La bibliothèque est un lieu légitime. Par exemple c’est souvent un lieu que les adolescents peuvent fréquenter seuls.

On observe souvent des signalétiques autoritaires, des logos en forme de sens interdit.

Les ambigüités peuvent conduire à des conflits.

Certaines bibliothèques utilisent des méthodes de surveillance : vidéo, vigiles… Mais la médiation est à privilégier !

On utilise aussi des systèmes antivol, des systèmes de contrôle des PC pour éviter les téléchargements, etc.

Lorsqu’il y a transgression, c’est que le lecteur ne sait pas, qu’il oublie, ou parfois qu’il y a opposition.

Pour harmoniser les interventions, il est bon d’avoir une charte d’accueil destinée aux personnels. Peut-être faudrait-il interdire moins pour accueillir mieux ?

Il peut y avoir différents espaces pour différentes pratiques


Anne Verneuil suggère d’appeler le lecteur “client” afin de souligner qu’il a le choix parmi différentes offres.

Dans sa bibliothèque, le règlement est strict afin de pouvoir se protéger en cas de problèmes. Mais les bibliothécaires se montrent volontairement tolérants au jour le jour.

Lorsqu'on interdit, il faut dire, expliquer pourquoi et remercier le lecteur !

Il est bon de pouvoir recruter des non-bibliothécaires : leur regard extérieur peut permettre de ne pas faire les choses juste parce qu’on a toujours fait comme ça…

Dans l’imaginaire collectif, il existe des règles spécifiques qui s'appliquent au bibliothèques. Les lecteurs peuvent se sentir coupables ou tout du moins conscient de leur transgression. Pourtant, ces règles n'existent pas forcément dans le règlement de la bibliothèque qu'ils fréquentent !


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[EDIT] Je viens de m'apercevoir qu'il y avait eu une captation vidéo de la conférence. Vous pouvez donc la regarder ici, comme si vous y étiez !
Et voici la présentation de la première intervenante.


mercredi 15 juillet 2015

Minimiser l'anxiété des étudiants lors des formations aux ressources électroniques

Le mois dernier, j'ai eu le plaisir de passer une journée au congrès de l'ABF dans la belle ville de Strasbourg.

J'y ai présenté un poster que je voulais partager avec vous.




Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir, ou télécharger le PDF ici.

J'espère qu'il vous plaira !


mardi 3 mars 2015

Activité : Le Quiz

L'une des activités de pédagogie active les plus simples à mettre en place, c'est le quiz. Il y a toutes sortes de façons de le faire, de la plus simple à la plus élaborée.
Le gros avantage du quiz, c'est qu'il permet d'évaluer en direct les compétences des étudiants. On peut le faire en début de séance (voire même avant la séance), pour définir s'ils ont des lacunes particulières à combler (ou si, au contraire, ils sont au top et qu'on va pouvoir passer vite sur un certain nombre de choses). Ou on peut le faire en milieu ou fin de séance pour estimer ce qu'ils ont compris (ou pas) et, si nécessaire, rectifier le tir en donnant des explications supplémentaires / différemment formulées.

On peut séparer les quiz en plusieurs catégories en fonction de leur mode d'administration : à l'oral, sur papier, ou en ligne.

À l'oral


Le quiz à l'oral est le plus simple à implémenter. Il suffit de poser les questions à la classe au moment opportun. Il peut être absolument spontané (une petite question en passant pour vérifier qu'ils ont bien compris comment fonctionnent les Booléens...) mais je conseille tout de même de prévoir une petite batterie de questions à l'avance, histoire de ne pas sécher.
Vous pouvez aussi intégrer vos questions à votre PowerPoint : ça aidera ceux qui n'ont pas bien entendu s'ils peuvent relire la question plutôt de vous regarder avec de grands yeux perdus.

Un quiz express dans l'un de mes PowerPoints sur le droit d'auteur. La photo est de Eleaf.

Le problème principal que je trouve avec ce genre de quiz spontanés, c'est qu'il prend les étudiants au dépourvu et que c'est parfois difficile de pousser les groupes "timides" à répondre. Il faut avoir un minimum de confiance en soit pour répondre à l'oral devant tout le monde à une question à laquelle on n'a pas forcément pu réfléchir auparavant. C'est pour ça que j'aime bien la catégorie suivante : les quiz à l'écrit.

Sur papier


Le quiz sur papier demande un peu plus de temps de préparation, mais ça reste très léger : préparez votre questionnaire dans votre traitement de texte préféré et imprimez-le au nombre d'exemplaires nécessaire (= nombre d'étudiants + 1 : c'est plus facile pour corriger si vous avez vous aussi les questions sous les yeux !).
Arrivé au moment du quiz, on laisse cinq minutes aux étudiants pour y répondre par écrit puis on corrige à l'oral. Vu qu'ils ont pu y réfléchir calmement auparavant, le taux de réponse des étudiants lors de la correction est beaucoup plus élevé !



Variante : distribuer un quiz pour deux pour encourager la collaboration et la discussion entre étudiants. Le taux de réponse devient encore plus élevé, car ils sont rassurés par le fait que la réponse ne vient pas seulement d'eux, mais aussi de leur voisine qui est vachement plus calée.

La correction à l'oral permet de clarifier certains points et d'expliquer le raisonnement derrière chaque réponse, tout en s'adaptant au groupe (si tout le monde avait juste, zou, on passe à la question suivante ; s'il y avait des réponses vraiment bizarres... on va prendre le temps de ré-expliquer).

En ligne


Le quiz en ligne est vraiment sympa et j'ai eu pas mal de commentaires positifs quand je l'ai utilisé avec certains de mes groupes.
Si on l'envoi par email aux étudiants avant la classe, on peut utiliser tout simplement SurveyMonkey (et en profiter pour glisser quelques questions ouvertes du type "qu'attendez-vous de cette séance ?").
A moins d'ajouter une question pour demander le nom de chaque étudiant, il ne permet pas d'identifier les réponses de chacun, mais j'ai envie de dire qu'on s'en moque : l'idée avec un quiz pré-séance, c'est d'identifier le niveau de la classe en général, pas de chaque élève en particulier.



Pour un quiz en ligne pendant le temps de classe, j'utilise Socrative. Il est gratuit et vraiment bien. Les étudiants peuvent répondre sur ordinateur si on est dans la salle informatique, ou sur leur portable en installant leur application (ce qui pourrait être une très bonne idée pour les inductions en amphi...).
Pour éviter de perdre du temps, j'ouvre le site de Socrative sur tous les postes avant que n'arrivent les élèves et entre le numéro de la "salle de classe". Ils n'ont plus qu'à taper leur nom et commencer à répondre aux questions.
Socrative propose plusieurs modes : celui "student paced" laisse les étudiants faire le quiz tout seuls et leur donne du feedback en fonction de leur réponse (c'est très facile à paramétrer). Mais celui que j'utilise le plus c'est le "teacher paced". C'est moi qui contrôle tout : l'apparition de la question, l'apparition du graphique des réponses (25% ont répondu "oui", 75% on répondu "non"...) sur lequel je me base pour savoir s'il faut que je re-fasse une explication détaillée ou pas, puis l'apparition de la question suivante, etc.


À la fin du questionnaire, on peut télécharger un résumé des réponses données par les étudiants.
La création des questionnaires est très simple et l'utilisation aussi. Bref, je le recommande.
Par contre, je vous préviens, il est entièrement en anglais. Vous pouvez écrire vos questions en français, mais les boutons et autres indications de contexte sont en anglais. C'est de l'anglais simple, mais je comprends que ça puisse en rebuter certains.

Utilisez-vous vous aussi des quiz au cours de vos séances de formations ? De quel type ? Quels sont vos outils préférés ? Racontez-moi tout !

mercredi 28 janvier 2015

How To Do a Literature Review



Ça fait des mois que j'hésite à vous en parler, mais je crois que le moment est venu...

Depuis novembre, je travaille sur un site que j'ai appelé "How To Do a Literature Review". J'essaie d'y expliquer, le plus simplement possible, les principes de la recherche documentaire et de l'écriture d'une "revue de littérature" comme on en trouve dans les thèses de doctorat par exemple.

Ce sont des choses que j'enseigne très régulièrement aux étudiants de master et de doctorat de mon établissement.
Lors d'une session méthodologique, avec un groupe très anxieux, une étudiante ma demandé où elle pourrait trouver plus d'informations sur la "Literature Review". Je l'ai envoyée vers les quelques bouquins que nous avons en rayon sur le sujet. "Et," ai-je lancé, "je suis sûre que vous trouverez plein d'informations sur Internet."
Le soir venu, je suis allée vérifier mes dires... Et les bras m'en sont tombés. 95% des sites que j'ai trouvé sur le sujet ne forment que quelques pages vieillottes sur des sites d'université. Elles sont souvent très théoriques et peu éclairantes.
Quelques exceptions néanmoins : The Literature Review HQ (un très bon blog tenu par un ancien doctorant) et quelques pages spécifiques sur Jenn's Studious Life et le site de James Hayton.

Bref, l'idée était née de créer un site sur toutes les techniques entourant la literature review qui soit clair, complet, et écrit du point de vue professionnel d'une bibliothécaire.
Je travaille donc depuis quelques mois à construire le contenu du site, article après article. Je me suis surtout concentrée sur les techniques de recherche documentaire, car ça me semble être la base, mais j'ai plein d'autres idées et projets à venir.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que, chers collègues bibliothécaires, j'ai besoin de votre aide. Pourriez-vous jeter un œil au site et me dire ce que vous en pensez ? Je suis preneuse de toute critique et commentaires ! Je vous remercie infiniment pour votre aide.

mardi 13 janvier 2015

Trouver un travail dans une bibliothèque anglaise : mode d'emploi

Voilà, ça fait maintenant un an (et une semaine) que j'ai commencé à travailler dans une bibliothèque londonienne. Quand mon expatriation n'était encore qu'un projet, j'ai beaucoup tâtonné : comment s'y prendre ? Quels papiers ou diplômes sont nécessaires ? Quelles sont les démarches indispensables ?

J'en avais déjà parlé un peu (en français) et pas mal aussi sur mon blog en anglais alors que j'étais encore en plein dans ma recherche d'emploi.

Cette fois-ci, je voudrais vous faire profiter de mon expérience et vous dire comment je m'y prendrais si c'était à refaire, si j'étais de nouveau une bibliothécaire parisienne cherchant à devenir une bibliothécaire londonienne sur un coup de tête.

Ceci n'est bien sûr valable qu'au niveau de ma petite expérience... Your mileage may vary.



Si c'était à refaire...



Je commencerais par faire un stage. Si vous en avez la possibilité, ça me semble une étape tout à fait intéressante. D'une part, ça vous donne un peu d'expérience outre-manche. D'autre part, ça vous permet de commencer à vous constituer un réseau. Et de décider avec plus de cartes en main si c'est vraiment la voie que vous souhaitez poursuivre.
Une autre possibilité serait d'effectuer un échange inter-bibliothèques. Inscrivez-vous sur le site du LibEx (c'est gratuit pour les non-britanniques) et regardez les profils de postes d'autres professionnels pour organiser un échange !

- Je m'efforcerais de trouver un emploi avant de partir. On ne met pas la charrue avant les boeufs. Et être sur place n'est pas forcément un avantage flagrant si en contrepartie on est au chômage... Le marché de l'emploi dans les bibliothèques britanniques est sous pression, et il n'y a pas de garantie que vous trouviez un poste rapidement. Alors, faites comme moi, et menez votre recherche d'emploi à distance.

- Je ne répondrais qu'à des petites annonces bien choisies. Le site LISjobNet est une mine d'or. Et j'ai certainement été coupable de répondre à absolument tout, m'épuisant à remplir des dossiers de candidature pour des emplois pas du tout adaptés à mon profil. Au final, bien sûr, je n'ai obtenu d'entretiens que pour les postes qui me correspondaient vraiment.

- Je ne passerais pas le TOEIC. Personne ne me l'a demandé. Si vous savez rédiger une lettre de motivation en anglais et que vous vous débrouillez à l'oral lors de l'entretien, le recruteur (en tout cas, d'après ce que j'ai vu dans le secteur des bibliothèques universitaires) n'a pas besoin de plus de preuves que ça... À part se rassurer sur ses propres capacités, je ne voit pas l'intérêt.

- Je passerais mon Chartership depuis mon boulot français. C'est vraiment un passeport magique qui vous ouvre les portes des emplois les plus qualifiés (et donc intéressants), en plus de montrer que vous êtes vraiment investi à fond dans votre projet d'expatriation. Pour plus d'informations, allez donc jeter un oeil à ce billet.

- Je m'inscrirais au Cilip le plus vite possible. Vous savez ? Cette association de bibliothécaires dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. C'est lui qui organise le Chartership sus-mentionné. Et c'est là aussi une garantie de votre intérêt vis-à-vis de la vie professionnelle bibliothéconomique anglaise, même si vous n'êtes pas encore "chartered". Donc, je m'y inscrirais sans plus tarder (ils ont un tarif spécial pour les membres "overseas", qui n'habitent pas en territoire britannique) et j'en profiterais pour lire tous les anciens numéros de son journal, le Cilip Update (un peu l'équivalent du BBF ou d'Archimag).

- J'infiltrerais le grand cercle des twittothécaires grands-bretons. Comme en France, il y a plein de bibliothécaires britanniques sur Twitter. Comme point de départ, prenez la liste mise en place par Phil Bradley (plus de 1500 comptes y sont rassemblés !). Et entamez la discussion...

- Je ferais, au maximum de mes capacités financières, le déplacement pour les entretiens. Les entretiens par Skype, c'est bien pratique, mais ça vous donne un immense désavantage vis-à-vis des candidats qui ont pu faire le déplacement. Ce n'est vraiment pas la même chose de parler avec quelqu'un par écran interposé et de la rencontrer en chair et en os. Alors, si vous le pouvez, constituez vous un budget "billet d'avion de dernière minute" et allez rencontrer ceux qui deviendront peut-être vos futurs collègues.

- ... Je repartirais sans hésitations. La preuve ? Je reste.
Mon contrat d'un an a été transformé en contrat permanent. J'ai renouvelé ma mise en disponibilité. Et j'ai bien l'intention de rester en Grande-Bretagne encore un moment...

Qui vient me rejoindre ?


mardi 23 décembre 2014

Un peu de lecture pour les vacances



Je profite des vacances pour rattraper mon retard de veille, du coup je me suis dit que j'allais partager... 
Remarque : tous ces articles sont en anglais.

Bonnes fêtes à tous !


Que faire quand on trouve une fleur préservée dans un livre ancien ?

Pliez votre propre in-octavo !

Une analogie entre journaux scientifiques et matriochkas.

Un article très intéressant remettant en cause l'idée que "trouver" soit le principe fondateur de la plupart des formations que nous donnons aux étudiants.

Qui l'a tweeté en premier ? Phil Bradley nous explique comment trouver cette information capitale avec un nouvel outil... (Ça marche plus ou moins bien : il date le premier #pointrenne d'octobre 2012 alors qu'on peut en retrouver dès décembre 2011 en remontant le hashtag...)

Citer ou ne pas citer Google comme sa source première... (Et de la qualité des informations qu'il nous fournit directement.)

Une vidéo promotionnelle de bibliothèque étonnament bonne.

Qui devrait enseigner la citoyenneté numérique ?

Quel est votre capital numérique ?

En février aura lieu un grand échange de livres pour enfants.




Photo ci-dessus par Sharon Drummond - Partagée avec une licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike

mercredi 17 décembre 2014

Un accent, des accents



Qui parmi vous pense pouvoir se débrouiller en anglais au motif qu'elle peut regarder des séries américaines sans les sous-titres ? J'avoue que j'ai longtemps fait partie de cette catégorie. Mais, si c'est un bon début, c'est loin d'être suffisant ! Surtout si ce ne sont pas les États-Unis que vous visez, mais le Royaume-Uni...

Car voilà ce qu'on ne nous a jamais dit en cours d'anglais : il n'y a pas un mais des dizaines d'accents possibles... C'est d'ailleurs là un de mes plus grands plaisirs depuis que j'habite Londres : j'écoute les gens parler dans la rue, dans le métro, à la télévision, et je me délecte de tous ces délicieuses musiques. Dans une même conversation, il y a rarement deux personnes avec le même accent.
Car non seulement le Royaume-Uni est extrêmement riche en accents divers et variés, mais à Londres c'est encore accentué par un melting-pot international ultra-réussi.

  • Conséquence 1 : si vous venez à Londres, ne soyez pas embarrassés par votre accent français. 1/ Tout le monde à l'habitude d'entendre des gens avec des accents différents. 2/ L'accent français est unanimement reconnu comme étant l'accent le plus sexy (oui, je sais, ça fait bizarre, quand on a appris à détester le magnifique "accent anglais" que produisent la plupart de nos compatriotes) et donc tout le monde vous pardonnera si vous transformez vos "the" en "ze".
  • Conséquence 2 : c'est beaucoup beaucoup plus difficile de suivre une conversation dans un groupe britannique si le seul accent avec lequel vous êtes un temps soit peu familiarisée est l'accent américain. Mais ne vous inquiétez pas pour ça, on va y remédier dès à présent.
[Disclaimer: Je n'ai rien d'une linguiste ; si vous trouvez des erreurs dans mon texte, signalez-les moi et je ferais les modifications!] 

Le RP


Parlons tout d'abord de l'accent dit "standard", le "RP" ou "Received Pronunciation". N'allez pas croire que, parce qu'il est standard, il est neutre - c'est loin d'être le cas.
On l'appelle aussi l'accent BBC parce que pendant longtemps les speakers et speakerines de la chaîne parlaient uniquement avec cet accent-là. Il est aussi appelé accent d'Oxford ou accent de la Reine... Dans les faits, il a une connotation très anglaise (rappelez-vous, l'Angleterre, n'est qu'une partie du Royaume-Uni !), snob et chic. C'est l'accent de la famille royale, de David Cameron et de tous ceux qui ont été éduqués dans l'une des prestigieuses "public schools".
Du coup, c'est celui-là que vous pourrez entendre dans tous les films en costumes (à vous - presque - toutes les versions d'Orgueil et Préjugés !).
C'est aussi l'accent de Colin Firth dans Le Discours d'un Roi. Et c'est celui qu'ont les aristocrates dans Downtown Abbey (les domestiques ont quant à eux l'accent du Yorkshire).

Si on s'éloigne un peu de Buckingham, on tombe sur toute une foule d'accents régionaux qu'on ne détaillera pas tous parce qu'ils sont vraiment trop nombreux. Allez plutôt jeter un oeil sur la page Wikipedia sur le sujet (en anglais bien sûr).
Mais je voulais néanmoins vous donner quelques exemples associés à des références de films ou de séries, histoire que vous puissiez répliquer la prochaine fois que vous vous faîtes un marathon série "Tu comprends, j'essaie de me familiariser avec l'accent du Gloucestershire, et y a du boulot !".

Exemples choisis


Au sein même de Londres, on trouve des variations d'accents, le plus célèbre d'entre eux étant l'accent Cockney (qui tient presque plus de la langue régionale !). Pour tester celui-là, il vous faut jeter un oeil à la série East Enders. N'essayez pas de vous la faire en entier (ils en sont à près de 5000 épisodes !), quelques minutes suffiront...
Pour quelque chose de meilleure qualité, allez plutôt voir Ripper Street dont on ne me dit que du bien (c'est la prochaine série sur ma liste !).

Si vous voulez vous projeter vers le Nord de l'Angleterre, écoutez donc le neuvième Docteur (Christopher Eccleston, mon préféré) dans la première saison du reboot de 2005 de Doctor Who.
Toujours dans le Nord, j'ai lu de bonnes critiques de la série The Mill où l'on peut apparemment entendre des accents de Manchester et de Liverpool (le "Scouse accent").
Pour faire le contraste entre accents du Nord (laborieux) et du Sud ("posh"), essayez la mini-série de la BBC North and South, adaptée du livre d'Élisabeth Gaskell.

Pour l'Ouest de l'Angleterre, allez donc regarder Hot Fuzz (extrait ici... bien à propos), où vous pourrez entendre des dialectes du Somerset.

Pour l'accent écossais, vous vous référerez bien sûr au douzième Docteur (Peter Capaldi, saison 8) et vous en profiterez pour regarder l'épisode spécial de Noël le 25 décembre. Ou l'excellente série policière Broadchurch (la version britannique, pas le remake américain) où David Tennant a pu garder son accent écossais.
Si vous êtes plutôt film, je conseille La Part Des Anges de Ken Loach (attention, vous allez avoir besoin des sous-titres !).

Apparemment, on peut entendre pas mal d'accents du Pays de Galles dans Torchwood. Et c'est l'accent que prend Tom Hardy dans Locke (mais, ne l'ayant pas vu, je ne sais pas ce que ça vaut).

Si vous voulez pousser jusqu'à l'Irlande et en profiter pour en apprendre plus sur l'histoire du pays, jetez donc un oeil à The Wind That Shakes the Barley (Le vent se lève) de Ken Loach (encore) ou à Michael Collins.

Enfin, je ne peux m'empêcher de vous recommander de regarder Top of the Lake, une mini-série de Jane Campion, où vous pourrez entendre de beaux accents Néo-Zélandais et Australiens. Mais je m'égare.

Et sur les ondes...


Une fois que vous serez bien échauffés avec toutes ces séries et films, le test ultime (avant le passage à l'acte et le billet d'Eurostar), c'est la radio. Plus de support visuel pour vous raccrocher aux branches, plus de sous-titres pour vous mâcher le travail, c'est le grand bain !

Mais c'est aussi le début de votre découverte de BBC radio 4, de ses émissions humoristiques et de ses fictions radiophoniques, qui ont toujours le vent en poupe de ce côté-ci de la manche. Si vous voulez commencer "facile", prenez-en une adaptée d'un roman que vous aurez lu au préalable. Par exemple, il existe une très bonne version de Neverwhere de Neil Gaiman avec un casting de folie.

Sinon, ma préférée c'est Cabin Pressure de John Finnemore, série humoristique racontant les mésaventures de l'équipe d'un petit charter de ligne. Les acteurs articulent extrêmement bien et vous trouverez les scripts en ligne si vous avez encore besoin d'un petit coup de pouce... D'ailleurs, je vous laisse, je m'en vais tous les ré-écouter pour être à jour avant le double épisode final qui sera diffusé à Noël...


Si vous avez d'autres suggestions de films et de séries avec des accents intéressants, partagez-les en commentaires ! Please! I need more stuff to watch! :)



[Edit : En bonus, si vous êtes fan de Games of Thrones (si vous ne l'êtes pas encore, essayez !), voici un super article qui décortique tous les accents qu'on entend dans la série.]




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